Mademoiselle Emilie V. 21 ans, légèrement handicapée, qui se dit très stressée, consulte en juin 2012 pour une blessure et des abcès au palais, adressée par son parodontologiste qui ne parvient pas à stabiliser une lésion sur 21. La patiente a « bénéficié » d’un traitement ODF pendant 8 ans et a eu les dents de sagesse extraites sous AG (sans soucis post opératoires). Le sommeil est ventral. Le visage est asymétrique. Il n’y a aucune plainte de désordre musculo-squelettique de l’appareil manducateur. Le procès alvéolaire vestibulaire en regard de 21 est rouge et gonflé. La dent présente une mobilité 4. La patiente souffre surtout d’une blessure franche de la papille rétro-incisive maxillaire pour laquelle son chirurgien dentiste a prescrit des antibiotiques. Nous observons également une blessure des bords libres de 31 et 41. Une radio de 21 met en évidence une perte osseuse importante.

L’examen de l’OIM est douloureux car c’est cette position mandibulaire qui créé le contact blessant des incisives mandibulaires sur la papille rétro-incisive ainsi que celui des bords libres de 31 et 41. Cette position d’OIM bouscule également la 21, franchement vestibulée par le serrage des dents.

Notre diagnostic est donc celui d’une OIM pathologique dont les dégâts sont accentués par les serrements permanents des mâchoires pendant une période de stress. Nous réalisons en urgence une gouttière occlusale destinée à protéger le parodonte. Simultanément le réglage de la gouttière en ORC vise à détendre la musculature élévatrice.

Revue après les congés d’été, la patiente nous dit ne plus souffrir mais ne peut se passer d’un port permanent de sa gouttière (nous n’avions recommandé qu’un port nocturne). Le parodontologiste revu entre temps a prescrit un bain de bouche à la chlorexidine qui colore les dents.

Si nous déposons la gouttière et que nous demandons à la patiente de fermer la mâchoire, elle ne peut plus « retrouver » son ancienne OIM car le bord libre de 21 (moins mobile) vient blesser les bords libres de 31 et 41. Cette situation limite l’établissement des contacts dentaires postérieurs et le contact traumatique sur la papille.

Nous équilibrons les contacts dentaires antérieurs et nous modifions la longueur de 21 pour que la patiente retrouve un peu de confort au niveau des bords libres incisifs mandibulaires.

Mais nous savons que si elle quitte sa gouttière et que les conditions de stress sont présentes elle serrera à nouveau très fort jusqu’à retrouver son OIM et le trauma palatin.

Faut-il laisser cette gouttière au long court? Faut-il engager une équilibration occlusale qui sera mutilante pour bien des dents? Faut-il pousser cette patiente, très réticente, à une reprise du traitement ODF qui sera vraisemblablement accompagné de chirurgie orthognatique?

Merci de vos réflexions.