Madame Françoise B. 57 ans consulte de la part de son chirurgien dentiste pour des douleurs anciennes de l’ATM droite accompagnées d’otalgies. L’entretien clinique nous apprend que la patiente, il y a 20 ans, a porté une gouttière occlusale maxillaire qui l’avait soulagée de ces douleurs déjà présentes. Puis cette orthèse a été perdue et les douleurs sont réapparues petit à petit, accompagnées de douleurs de l’épaule droite et de difficultés posturales diverses. Madame B. a reconsulté en 2009 le stomatologue qui avait réalisé l’orthèse. Un examen IRM est prescrit dont les conclusions sont les suivantes: « Pincement de l’interligne articulaire avec remaniements dégénératifs modéré de l’os sous-chondral de la tête mandibulaire. Course mandibulaire normale de la tête mandibulaire. Pas d’argument pour une luxation réductible ou irréductible. Aspect dégénératif et aminci du ménisque. » Le stomatologue refuse de réaliser une nouvelle gouttière et aurait dit à la patiente que seule une arthroplastie pourrait la soulager. Madame B n’est pas convaincue et parle de son problème lors de l’examen de santé gratuit auquel ont droit les salariés tous les 5 ans auprès de centres d’examens agréés par la sécurité sociale. Le chirurgien dentiste qu’elle y rencontre lui propose de réaliser une orthèse mandibulaire à son cabinet. Portée pendant 2 ans cette orthèse n’apporte aucun soulagement et est décrite comme très inconfortable. La patiente n’a pas bénéficié d’un traitement ODF ni subit d’extractions de dents de sagesse sous anesthésie générale. Elle dort latéralement et se dit de nature tendue et inquiète. Elle se plaint, outre des difficultés de l’ATM droite, de douleurs des masséters droits et d’une limitation d’ouverture buccale. Elle présente une légère asymétrie de la face. La 12 est absente.

L’examen de la motilité mandibulaire met en évidence une limitation d’ouverture buccale à 37 mm et la palpation retrouve une discrète luxation réductible, non douloureuse, à gauche, ainsi que la contracture des masséters droits. La mandibule est à peu près détendue et une manipulation souple vers la RC conduit à objectiver un certain décalage entre l’ORC et l’OIM. L’ORC du jour s’établit avec une prématurité à gauche et si on demande de serrer les dents à partir de cette ORC, le dérapage s’accompagne d’une contrainte sur l’ATM droite, parfaitement palpable.

Nous posons l’hypothèse diagnostique d’une position mandibulaire qui ne permet pas, en OIM, d’assurer le centrage et le calage mandibulaire lors des périodes de tension pendant lesquelles la patiente serre les dents. Nous proposons la mise en place d’une orthèse nocturne en ORC pour rétablir ces fonctions occlusales de centrage et de calage. Cette orthèse serait équilibrée à mesure que la mandibule trouverait sa position de confort et nous avons bon espoir de soulager l’appareil manducateur sans autre intervention.

L’orthèse une fois équilibrée en ORC validée, permettra-t-elle de résoudre les difficultés de l’appareil manducateur? Soulagera-t-elle les otalgies? Modifiera-t-elle les difficultés posturales?  Telles sont les questions de la patiente. Que pouvons nous lui répondre?