Ce cas clinique ( LDR douloureuse avec épisodes de LDI) avait permis une très riche discussion qui pouvait se résumer de la façon suivante: une orthèse lisse en OIM n’aurait-elle pas permis en 3 mois de soulager la patiente? Ce qui aurait évité la mise en place d’une orthèse de repositionnement dont les conséquences sont présentées comme lourdes à gérer.

Nous donnons ici les derniers développements de ce cas et les soumettons à la discussion.

– D’une part la patiente est totalement soulagée. Le confort mandibulaire est complet. L’amplitude de l’ouverture est supérieure à 50mm. La motilité est normale, sans difficulté articulaire.

– D’autre part nous avions organisé le dépôt progessif de l’orthèse (selon les modalités présentées par Splintman) depuis 3 mois, et celle ci n’était plus portée qu’une nuit par semaine. Nous avons maintenant demandé de déposer complètement l’orthèse. Aucune retouche occlusale dentaire n’a été nécessaire.

– L’OIM de la patiente (photos du 13 avril2012)

est très comparable à celle de la consultation d’origine un an auparavant.

Un cas clinique (même si nous en avons un certain nombre qui nous semblent superposables) n’est pas une preuve. Et surtout pas de la qualité d’un traitement par rapport à un autre qui n’aurait pas été mis en oeuvre. Alors: une gouttière lisse pendant 3 mois aurait-elle permis d’obtenir le même résultat? Nous n’avons pas cette expérience mais nous sommes à l’écoute de celles et ceux qui pourraient nous présenter des photos de ces situations.

Notre position est la suivante: Pour un diagnostic de LDR douloureuse avec position de Mongini clairement identifiable et reproductible, il y a intérêt à mettre en place une orthèse  de repositionnement qui objective le soulagement immédiat (et donc l’adhésion du patient). Le suivi permettra de faire varier la durée du port de l’orthèse et de faire évoluer sa forme  pour revenir à une positionnement plus proche de l’OIM, pour attendre un remodelage de l’ATM. Dans notre expérience, pour un sujet jeune, surtout si la LDR est traumatique, en quelques mois il y a disparition totale des désordres articulaires. Le dépôt progressif de l’orthèse ne s’accompagne pas de récidive si l’OIM est capable de caler les condyles dans une position fonctionnelle, vraisemblablement modifiée par le port prolongé de l’orthèse (ici un an environ).

Il est bien entendu impossible (techniquement) de mettre en place une expérience qui regrouperait suffisament de cas « identiques » et de les « traiter » soit de la façon utilisée ci dessus, soit par une gouttière lisse en OIM, soit en ne faisant rien, et de comparer les résultats dans le temps.

Les questions pour lesquelles j’aimerais avoir des réponses fiables (références bibliographiques ou expérience clinique documentée) est la suivante:

– Le maintien de la position avancée (technique de Mongini) pendant plusieurs mois, outre le fait qu’elle permet de maintenir les pièces articulaires correctement coaptées, permet-il de remodeler durablement les structures intra-articulaires?

– Faut-il simplement y voir l’équivalent d’une technique de « décompression » ou de « relaxation » qui expliquerait le soulagement clinique?  Et si tel est le cas, quels sont les critères quantitatifs de l’organisation de la « décompression » ou de la « relaxation ».