Melle Aurélie H, 33 ans, non fumeuse, sans problèmes de santé, est sceptique par rapport aux traitements qui lui sont proposés en province, profite d’une visite chez ses parents à Paris pour demander un avis complémentaire et prend RDV à notre consultation. Elle a constaté il y a 2 ans des récessions gingivales généralisées. Elle a alors consulté un parodontologiste qui a posé l’indication de greffes gingivales libres (en 5 interventions) avec au préalable  l’enseignement d’une technique de brossage non traumatogène et un assainissement parodontal. Le biotype parodontal est très fin et festonné. Deux interventions ont été réalisées dans les 12 mois précédents : secteur maxillaire gauche et secteur mandibualire droit. En discutant avec des amis, des connaissances ayant eux aussi reçu ce type de traitement, elle apprend que ce type de soins chirurgicaux peuvent ne pas être stables dans le temps et que les récessions peuvent récidiver. Elle décide de prendre un avis auprès d’un autre chirurgien-dentiste, spécialisé en prothèse et en dentisterie esthétique. Ce dernier donne son avis sur les greffes réalisées et déconseille vigoureusement de réaliser les suivantes tant que le facteur causal des récessions  n’est pas maitrisé à savoir, selon lui, l’occlusion dentaire.

En effet la patiente présente des rapports dento-dentaires problématiques :

occlusion croisée et béance antérieure liée à une déglutition atypique. Carence de calage et de guidage. Pas de décalage ORC-OIM. Pas de douleurs musculo-articulaires sauf à la mastication d’aliments très durs (type sandwich) dans le masséter gauche. Aucune gêne fonctionnelle n’est rapportée. La patiente est consciente de sa déglutition atypique, des caractéristiques particulières de son occlusion mais elle a toujours très bien vécu avec et ne se considère pas comme une aberration de la nature.

Le praticien prothésiste esthétique propose, grâce à une technologie de pointe, de réaliser une bonne douzaine d’overlays en céramique, des facettes vestibulaires, associées, entre autre, à un éclaircissement dentaire; l’objectif étant d’améliorer les fonctions occlusales (et accessoirement l’esthétique dentaire) afin de pérenniser les résultats obtenus par les greffes gingivales. Ce sont les coûts (biologiques et financiers) du traitement qui finissent de semer le doute dans l’esprit de la patiente qui décide alors de nous consulter.

 QUESTIONS :

1- Que pensez vous de l’hypothèse d’une étiologie occlusale dans l’aggravation des récessions observées dans un contexte de biotype fin et de brossage traumatique ?

2- Pensez-vous que les techniques de greffes gingivales libres puissent répondre, à elles seules, à la demande de la patiente ? Si oui y a-t-il un risque de récidive dans ce type de contexte occlusal ?