Mademoiselle Léa F. 14ans est adressée conjointement par son praticien traitant et l’orthodontiste qui vient de débuter le traitement ODF. Une malposition de 12 est à l’origine de la demande de traitement. La patiente présentait des craquements articulaires non douloureux, à droite, depuis plus d’un an (avant les extractions sous AG de 16,34 et 24 demandées pour les besoins du traitement ODF). L’orthodontiste en appelle au praticien traitant pour évaluer le problème de l’ATM. Celui ci met en place une orthèse occlusale en octobre 2010. A partir de cette date la craquement devient douloureux. Début janvier 2012 les praticiens décident d’adresser la jeune patiente à notre consultation . Pour des raisons d’organisation familiale le rendez vous n’est pris qu’en mars. Lors ce cette visite la patiente nous dit que les craquements articulaires ont cessé depuis 1 mois et qu’un blocage articulaire douloureux est apparu. Les molaires maxillaires ont été baguées 48h plus tôt. Le diagramme de Farrar montre une amplitude d’ouverture de 28mm et des latéralités réduites. La palpation des ATMs confirme le blocage du condyle droit dans une position postérieure. Sa palpation est doulureuse.

L’OIM s’établit en provocant une déviation latérale vers la droite, l’incisive latérale maxillaire droite s’inscrivant en occlusion inversée.

La mandibule est décontractée et une manipulation simple permet de mettre en évidence une ORC avec bout à bout entre la 12 et la 43. Il existe un décalage latéral de 2 à 3mm de la mandibule vers la droite dans la région incisive entre ORC et OIM, jusqu’à un appui sur 13.

Le passage de la position d’ORC à celle d’OIM se traduit donc par une déplacement mandibulaire sous contrainte (occlusion inversée de la 12) vers l’avant et vers la droite. Ce décalage très important s’observe bien entre 13 et 44 en ORC et en OIM. Il n’est pas difficile d’imaginer (et de palper) à quel point ce décalage aboutit à une contrainte sur l’ATM droite.

L’observation de l’orthèse en bouche nous montre que le praticien a mis en place une gouttière indentée dans une position qui n’est ni l’OIM ni l’ORC. Nous décidons de modifier en urgence cette orthèse pour lui attribuer deux fonctions:

           1- permettre un centrage articulaire (en ORC)

                2- établir un obstacle postérieur en regard de la dernière molaire droite.

La patiente décrit, dès la fin des réglages de l’orthèse, une sédation des douleurs. Nous profitons de ce ressenti positif pour lui dire qu’elle devra porter l’orthèse jour et nuit jusqu’à notre prochain rendez vous (5 jours plus tard) à l’exception des repas pour lesquels nous demandons une stricte mastication à droite et le recours, autant que possible, à des aliments mous. Nous attendons de cette orthèse  un soulagement tant musculaire qu’articulaire.

Qu’en pensez vous?