Pour illustrer la théorie de la relativité il est commun de prendre l’exemple d’une balle rebondissant sur la plateforme d’un wagon. L’équation du mouvement de la balle, sur une plateforme immobile, pour un observateur sur le ballast, est celle d’une droite. Proposons  une analogie : les simples contacts occlusaux du laboratoire, sur de moulages en plâtre sur un occluseur, sont assimilables à cette droite.

Le problème se complique si le wagon se met en mouvement. S’il est animé  d’un mouvement rectiligne uniforme, le mouvement de la balle pour l’observateur resté sur le ballast, est une sinusoïde. La même analogie occluso-prothétique, prenant en compte les mouvements mandibulaires, aboutirait à comparer la situation de la balle rebondissant avec les contacts occlusaux observés sur des moulages montés en articulateur programmé.

Le problème se complique vraiment si le mouvement n’est plus uniforme. On pourrait poursuivre l’analogie en disant que, dès lors qu’on prend en compte les mouvements mandibulaires par rapport au reste de l’organisme (posture), nous ne pouvons plus modéliser les contacts occlusaux sur un articulateur, fut-il programmable. Comme la sinusoïde n’est plus l’équation de la balle qui rebondit sur un plateau soumis à une accélération, l’occlusion ne peut plus être réduite à des positions mandibulaires disjointes de la posture globale.

Et, quelle serait l’équation du mouvement de la balle sur une plateforme animée d’un mouvement accéléré, pour un observateur situé non plus sur le ballast, mais sur une autre planète? On peut poursuivre notre analogie. Comment devraient être analysés les contacts occlusaux si, le corps entier étant en mouvement, les capteurs proprioceptifs des muscles du pied ou des yeux étaient les observateurs?

Analogie n’est pas logique, et il faut se garder de prendre pour une démarche scientifique ce qui ne peut que soutenir des hypothèses. Mais il est certain que les contacts occlusaux sont relatifs, liés à la posture, aux mouvements du corps, aux messages des capteurs de l’oreille interne et à ceux qui règlent les mouvements oculaires…

Accepter la relativité occlusale n’est pas s’interdire d’intervenir au prétexte que les contacts dento-dentaires font partie d’un équilibre postural global. C’est au contraire apprendre à intervenir à bon escient, quand on a appris à distinguer si le wagon est à l’arrêt. Le chirurgien dentiste ou l’orthodontiste ne peuvent intervenir que si le wagon est à l’arrêt.

Une orthèse orale bien conçue et bien réglée n’est-elle pas le moyen de stopper le wagon ?

Il ne reste plus qu’à définir de quel endroit on observe la balle.