Comme le souligne Berthoz le premier rôle du cerveau en matière de mouvement est l’anticipation. A ce titre il faut donc  rappeler que c’est le cerveau qui pilote l’appareil manducateur et l’adaptation des mouvements mandibulaires par rapport aux contacts occlusaux. Une simple expérience vous en confirmera personnellement la puissance. Si vous recevez à manger une tartine de pain couverte de confiture, vos mouvements mandibulaires seront très différents (cycles de mastication) selon qu’on vous aura annoncé que la confiture était une gelée de cerises (sans noyaux) ou une véritable confiture de cerises avec les noyaux. Le cerveau recevant cette information anticipe les obstacles occlusaux constitués par les noyaux, sans effort conscient particulier de votre part, et adaptera les mouvements mandibulaires aux conditions prévues. Pour une annonce de « confitures avec noyaux » le cerveau va, d’une part, mettre en place des stratégies d’évitement (limitation de l’amplitude des mouvements, détection linguale des noyaux, limitation des forces masticatrices, …) et, d’autre part, grâce aux  informations proprioceptives fines reçues, éviter des dérapages dento-dentaires ou articulaires, désagréables ou à risque. Le principal organe de l’occlusion c’est le cerveau qui anticipe et gère les comportements mandibulaires, dont les évitements, pour adapter l’appareil manducateur à ses différentes fonctions. Nous soulignons les évitements, car, s’ils sont évidents dans l’exemple des confitures à noyaux, ils sont par ailleurs totalement sous estimés dans le cadre des analyses occlusales. Et si l’IOM était d’abord le résultat d’évitement d’occlusaux ?  Claude Lévi-Strauss rappelait qu’un masque cache plus qu’il ne veut montrer. Nous pensons que l’IOM masque plus qu’elle n’informe. L’OIM est le masque de la dentisterie au jour le jour. Ce qui importe c’est ce qu’il y a derrière, c’est-à-dire la santé et l’ORC.