Trop souvent de jeunes adolescents « bénéficient » de l’extraction des dents de sagesse sous anesthésie générale. En général à la demande d’un orthodontiste qui redoute que l’éruption des dents de sagesse  vienne réduire à néant son travail. Sur quelles références bibliographiques s’appuie un orthodontiste pour estimer que l’éruption de ces dents puissent effectivement désorganiser un alignement dentaire correctement réalisé?

Le problème que nous souhaitons  évoquer et celui des dégâts réalisés sur les ATMs en per-opératoire. Il est en effet très fréquent que les jeunes patients, dont les dents de sagesse sont difficiles d’accès, aient à supporter pendant l’anesthésie générale des manoeuvres brutales qui forcent les ATMs; en particulier par l’utilisation d’ouvre- bouche à cliquet.  Les douleurs post opératoires masquent des douleurs d’ATMs, de luxation discale. Très souvent pour les patients présentant des luxations discales (réductibles ou irréductibles) l’historique permet de remonter à l’extraction sous AG des dents de sagesse. Le patient ne fait pas de lien direct. Mais quand on l’interroge sur la chronologie d’apparition des bruit articulaires ou des blocages, il signale quelques mois ou quelques années. Et si on lui demande quand a eu lieu l’intervention il apparait (et le patient découvre ce fait en même temps que le clinicien) que la date correspond à celle de l’apparition des problèmes discaux. Lors de l’entretien clinique les deux questions doivent être disjointes.  Il ne s’agit pas là d’un fait isolé mais d’une histoire très commune; tellement commune qu’on se demande comment des cliniciens sérieux  (dentistes, orthodontistes, chirurgiens) peuvent ignorer les risques que courent les disques articulaires des ATMs lors des manoeuvres d’extraction des dents de sagesse chez des jeunes, en particuliers laxes.

Il nous semble très important, avant que des procès soient intentés, que la communauté odontologique cesse d’indiquer, pour des raisons orthodontiques, les extractions de dents de sagesse incluses chez les adolescents. Dans la plupart des cas ces extractions (qui, jusqu’à preuve du contraire, ne garantissent en rien la qualité du traitement ODF) peuvent être faites sous anesthésie locale (le patient vigile peut signaler un effort traumatique) ou différées de quelques années.

Ce temps sera sûrement  mis à profit pour que les orthodontistes trouvent les références EBD qui légitiment ces extractions.