Mme F.Jal, 46ans, est adressée par son médecin, spécialiste de « médecine manuelle ostéopathique » et de « rééducation fonctionnelle », qui la suit depuis plusieurs années pour des douleurs cervico-scapulaires et également faciales. Dans le courrier d’accompagnement nous notons: « Le traitement manuel a permis une nette amélioration mais il persiste une douleur au niveau de l’ATM gauche, notamment au réveil: cauchemars et bruxisme, le tout sur trouble occlusal évident ». Le courrier qui précise par ailleurs l’existence de traitements psychiatriques et de problèmes familiaux, se termine ainsi: « Madame Jal. a porté des gouttières il y a 10 ans: faut-il recommencer le traitement? Et peut-être vérifier l’occlusion. » L’interrogatoire avec la patiente confirme les diagnostics de dépression et de psychose pour les quels elle est fréquemment hospitalisée en psychiatrie. Ses médicaments habituels sont Risperdal®, Seropram®, Xanax® et Avlocardyl®. Sur l’échelle visuelle analogique de la douleur la patiente nous assure que sa douleur permanente orofaciale est de 8.5!!! Nous sommes surpris d’une telle ampleur pour une douleur permanente et nous mettons immédiatement ce chiffre en rapport avec la fragilité psychologique de la patiente.
L’examen occluso-mandibulaire montre des dents sans gros problèmes mais des gencives relativement négligées. Nous ne notons pas de désordres intra-articulaires mais la mandibule n’est pas détendue et sa manipulation s’avère difficile et incertaine. La recherche de l’ORC aboutit une position approximative qui confirme les dires du médecin: « trouble occlusal évident ». En particulier le dérapage latéral est très important. Peut-il expliquer tout ou partie des douleurs décrites? Faut-il invoquer le rôle du Risperdal dans les désordres mandibulaires? Peut-on imaginer que la souffrance d’origine occlusale fort ancienne pourrait contribuer au tableau phychiatrique grave? Faut-il intervenir sur l’occlusion? De quelle manière?





