Mademoiselle Sarah T. 16 ans, bien que ne suivant pas de traitement ODF, est adressée par une orthodontiste pour « luxation de l’ATM droite lors de l’ouverture buccale et qui présente depuis des douleurs musculaires et articulaires ainsi qu’une limitation de l’ouverture buccale ». La patiente est vue le 8 janvier ; le diagnostic est clair : luxation discale irréductible à droite. L’historique mérite d’être précisé. Il existait une luxation discale réductible depuis plusieurs mois à droite. Le 29 décembre la patiente lors d’un baillement provoque la luxation irréductible. Devant la douleur les parents conduisent leur fille aux urgences de l’hôpital local où elle est vue par un interne de garde. Il fait une manipulation de Nélaton qui est normalement réservée aux luxations mandibulaires et non discales. Il n’obtient aucun résultat si ce n’est celui d’augmenter les douleurs de la patiente. C’est alors que l’hôpital adresse la patiente chez l’orthodontiste.

A l’examen nous trouvons une ouverture de 20mm très douloureuse, déviée vers la droite de 4mm. La patiente n’a pas perçu de perturbation occlusale lors de la luxation. Elle a toutes les dents saines et présente une réelle hyperlaxité. Elle dort sur le ventre. Cette situation explique vraisemblablement la luxation réductible (LDR) qui existait avant l’accident de décembre.

La prise en charge thérapeutique comporte deux aspects : d’une part une rééducation de la position de sommeil et d’autre part la réalisation immédiate d’une butée postérieure indentée, scellée du coté de la luxation. La patiente est revue 3 jours après et ne signale aucune amélioration. Après une semaine la situation s’améliore (ouverture de l’ordre de 30 mm qui permet de prendre une empreinte) et la patiente signale la réapparition de claquements intermittents du coté droit. Autrement dit, on revient vers une situation de LDR. En 24 heures une gouttière est réalisée avec butée indentée postérieure à droite. Aucun autre contact n’existe sur l’orthèse de façon à permettre un basculement mandibulaire dans le plan frontal.

Revue le 9 février la symptomatologie douloureuse a totalement disparu. L’ouverture buccale est de 45 mm avec une LDR précoce à droite. La gouttière est rééquilibrée pour supprimer les contacts réapparus coté gauche.

La patiente revient en urgence le 23 février car sa mâchoire est à nouveau bloquée depuis son réveil. La récidive est due explicitement à la reprise de la position ventrale de sommeil. Par quelques mouvements de gymnastique mandibulaire nous aidons la patiente à retrouver sa position de LDR précoce et nous équilibrons à nouveau l’orthèse pour ne conserver que les contacts sur la butée postérieure.

Revue le 9 mars la patiente a modifié sa position de sommeil (définitivement?). L’ouverture est de 55 mm sans douleur. On perçoit une très faible LDR précoce à droite. La gouttière est à nouveau équilibrée.

Quel est votre pronostic ?

Quel suivi faut-il proposer à cette patiente ?