S’il est un sujet dentaire qui passionne les foules c’est bien celui du bruxisme: les patients inquiets de l’usure de leurs dents, mais aussi les praticiens parce qu’il est toujours risqué de prendre en charge un traitement restaurateur chez un patient bruxomane. Alors, rendez vous sur internet pour en apprendre un peu plus: qu’est ce qu’un patient inquiet va trouver sur le net au sujet du bruxisme? Tout et son contraire, des infos fiables et des inepties, des vérités et des manipulations grossières, des erreurs de diagnostic et des gadgets hors de prix pour victimes consentantes.

Les infos les plus fiables nous les avons trouvées sur une page de l’université de Lyon qui reproduit un article publié par des enseignants. Citons aussi le site du conseil de l’ordre des chirurgiens dentistes du Québec, le site de la société canadienne du sommeil, et plus simplement les sites que les cabinets dentaires du réseau Webdentiste mettent à la disposition de leurs patients.  Paradoxalement les informations de Wikipédia sont souvent douteuses. Le site Doctissimo propose deux articles contradictoires sur le sujet: celui de Sarah Lainé (06.01.2012) est truffé de contre vérités, tandis que celui de Anne-Flore Gaspar-Lolliot (01 mai 2012) est plus sérieux. Comment l’internaute peut-il se retrouver dans une telle confusion?

Il est encore plus inquiétant de trouver de réelles erreurs sur des sites présentés comme « dentaires ». C’est le cas de Dental Espace dans son article (mauvais) sur le bruxisme qui va jusqu’à présenter une illustration du « bruxisme » qui est en fait typique de l’érosion chimique. Le diagnostic de base est donc faux!

 

Et puis il y a les pièges pour tous ces pauvres internautes qui, face à tout ce déploiement d’informations aléatoires ou fausses, deviennent les proies faciles pour tous les vendeurs de gadgets. Citons beconfiDent qui propose des bouts de plastique à 55 ou 76.90 euros, ou Solobrux qui vend ses dispositifs à 60 euros. Citons aussi Grindcare qui fait dans l’électronique et surtout NTI tss qui trouve le moyen de vendre ses produits à des chirurgiens dentistes!

N’est-il pas urgent que les professionnels et les enseignants se mettent d’accord sur un certain consensus prudent qui éviterait non seulement de se lancer dans des restaurations à risque, mais permettrait aussi aux patients de réfuter toutes les propositions mercantiles dont ils sont l’objet? Ce n’est pas d’EBD dont nous avons besoin pour le bruxisme mais de la DGCCRS!

L’internet, sur le sujet du bruxisme, ne clarifie pas les connaissances mais ouvre la porte à la pire désinformation.