Mademoiselle Graziella N. 22ans, peintre automobile, est adressée par sa chirurgien dentiste chez qui le neurologue du CHU l’avait lui même adressée pour « rechercher l’origine de ses migraines ». La praticienne précise dans son courrier « l’examen des ATM montre un craquement bilatéral à l’ouverture plus prononcé à droite ». La patiente est vue en novembre 2012 et l’entretien clinique permet d’écarter le diagnostic de « migraine », dans la mesure où on ne retrouve pas les notions d’aura, d’hémicrânie ni de pulsatilité. Bien que les céphalées soient soulagées par du propanolol, elles sont très invalidantes au quotidien, d’autant que la patiente, très inquiète et stressée, préfère éviter la prise de médicaments quitte à supporter les douleurs.  La patiente n’a pas eu de traitement ODF ni d’extraction de dents de sagesse sous AG. Elle dort en position ventrale mais n’est pas particulièrement laxe. L’examen clinique met en évidence des masséters assez volumineux, ceux de gauche étant sensibles à la palpation. Les dents sont saines. La motilité mandibulaire est à peine limitée (40 mm d’ouverture et 8 mm de latéralités) malgré la luxation discale réductible douloureuse (LDR) à droite. Bien que peu détendue, la mandibule élevée délicatement aboutit à une situation occlusale légèrement différente de celle de l’OIM.

Nous posons l’hypothèse d’un myospasme des muscles élévateurs (ceux ci pouvant être responsables d’un déplacement discal) lié à une situation mandibulaire pathogène imposée par la situation d’OIM. Pour tester cette hypothèse nous mettons en place une orthèse lisse de décontraction (port nocturne) réglée selon la position mandibulaire détendue.

Revue en janvier 2013 la patiente ne décrit qu’une faible amélioration. Nous observons qu’une meilleure détente mandibulaire a été obtenue par le port de l’orthèse et permet de mettre en évidence un gros décalage entre les réglages effectués lors le la mise en place de l’orthèse (environ 2 mois plus tôt) et la situation du jour. La gouttière est équilibrée dans cette nouvelle position.

La patiente a été revue deux fois depuis cette équilibration. La situation mandibulaire est stable et les douleurs ont totalement disparu. La LDR n’est plus perceptible.

–        Peut-on dire que la position mandibulaire détendue, obtenue par le port de l’orthèse, (les masséters sont souples et moins apparents) est en cause dans la disparition durable des céphalées et des douleurs d’ATM ?

–        Comment, sinon, peut-on expliquer l’éventuelle liaison pathogénique entre céphalées et douleurs ATM ?