Madame Ginette V. 75 ans, dont la situation financière est difficile, est adressée par son chirurgien dentiste pour une limitation importante et des douleurs à l’ouverture buccale. La patiente vue le 23 octobre 2012 précise : « douleurs articulaires de la mâchoire droite qui correspond à l’oreille et quelques fois derrière l’oeil, depuis un mois et demi ». La cause est inconnue. La patiente est traitée pour de l’arthrose qui touche ses mains et redoute que le processus rhumatologique n’atteigne ses ATMs. La mastication est quasi impossible et les aliments sont mixés. Il n’y a pas de bruits articulaires. Un scanner élimine une atteinte arthrosique des ATMs.

L’examen clinique met en évidence une motilité très limitée (20 mm) et très douloureuse. Le diagnostic est celui d’une luxation discale irréductible à droite. La situation endobuccale est caractérisée par la présence de prothèses amovibles partielles (PAP) anciennse et complètement usées au niveau des faces occlusales des dents. Cette PAP n’assure plus le centrage ni le calage mandibulaires.

Nous modifions sur place la PAP en ajoutant une butée postérieure à droite en résine méthylméthacrylate, et prescrivons de l’Ibuprofène pour 15 jours.

La patiente revue une semaine plus tard ne souffre plus et l’ouverture est de 35 mm. Revue 15 jours après l’arrêt des anti-inflammatoires des douleurs (moins violentes) sont réapparues. La hauteur de la butée postérieure est augmentée et l’Ibuprofène à nouveau prescrit pour 8 jours. Revue à l’issu de cette prescription la patiente ne signale plus de douleurs importantes. L’ouverture est de 30 mm et les latéralités de 6 mm. Nous complétons les zones d’inocclusion par adjonction de résine, de façon à recréer centrage et calage dans la nouvelle position mandibulaire obtenue grâce à al butée. Nous donnons à la patiente des conseils pour mieux contrôler les mouvements masticatoires très pénalisés par les prothèses désadaptées. Les anti-inflammatoires sont arrêtés. L’amélioration de la situation est confirmée trois semaines plus tard avec une ouverture à 35 mm.

Deux mois plus tard la situation est stable. La patiente est donc ré-adressée à son chirurgien dentiste pour qu’il réalise une nouvelle PAP dans le respect de la position mandibulaire asymptomatique obtenue sur l’orthèse.

Quelle est la durée optimale de prescription d’ibuprofène pour soulager les douleurs de luxation discale irréductible ?

Existe-t-il des molécules mieux adaptées pour obtenir un soulagement des douleurs inflammatoire des ATMs ?