Chacun sait ce que l’occlusion doit aux observations et réflexions cliniques pertinentes de Jean François Lauret et Marcel Le Gall. Leur ouvrage « Occlusion et fonction » (2002), qui devint « la fonction occlusale » en 2008 après la disparition de J.F. Lauret, illustre ce qu’on désigne aujourd’hui par l’ occlusion fonctionnelle : l’occlusion qui s’attache à être pensée dans le cadre de ses principales fonctions:  la déglutition et la mastication.

L’effort conceptuel des auteurs s’accompagne d’un travail terminologique remarquable qui aide les praticiens et lecteurs à mieux observer les situations occlusales. C’est ainsi qu’ils prennent le parti, parfaitement respectable, d’ignorer la notion de relation centrée (même si dans l’édition de 2008 elle est qualifiée de « concept métaclinique ». Mais, ne pouvant se passer de position de référence (en dehors de l’OIM) les auteurs distinguent une « posture clinique de repos » (à partir de laquelle la contraction musculaire de fermeture serait asymétrique) et une « posture physiologique de repos » (à partir de laquelle la contraction musculaire serait symétrique). Cette dernière posture serait stable et répétitive lorsque l’OIM est en « harmonie neuro-musculaire ».

Sur le schéma produit par les auteurs (Fig 1) on voit que le chemin physiologique de fermeture aboutit à l’OIM (ligne verte). Le point d’aboutissement du chemin de fermeture (jaune) n’est pas nommé. Cette difficulté est aggravée par le fait que les auteurs ne donnent pas à l’OIM son sens consacré.

OIM (Lexique du CNO): « Position d’occlusion où le rapport d’engrènement dentaire se caractérise par le maximum de contacts interarcades. Ce rapport est indépendant des condyles dans les fosses mandibulaires »

OIM (La fonction occlusale 2008): « Position d’occlusion des arcades caractérisée par un maximum de contacts interdentaires simultanés. Cette position est directement dépendante de la position des dents et de l’équilibre neuro-musculaire. Elle dépend également de la situation des condyles dans les fosses temporales, au même titre que la cinétique mandibulaire »

– Comment concilier ces différences? Ces définitions sont-elles compatibles?

– L’occlusion fonctionnelle est-elle un concept adapté à la dentisterie quotidienne?

L’occlusion fonctionnelle peut-elle expliquer les DAMs tels qu’ils sont cliniquement définis?