C’est une pathologie rare qui entraîne des douleurs majeures, très handicapantes, touchant le territoire anatomique des chirurgiens dentistes. Ils peuvent à ce titre être les premiers consultés par des patients qui décrivent ces douleurs. Par ailleurs, certains signes qui peuvent faire évoquer quelques pathologies douloureuses de l’appareil manducateur. Il est donc important de connaître les moyens de diagnostiquer la névralgie essentielle du trijumeau.

La  névralgie essentielle du trijumeau est constituée par une atteinte du nerf trijumeau, cause de céphalées aiguës paroxystiques et récidivantes. Sa fréquence augmente avec l’âge; elle est exceptionnelle avant 60 ans.

Le nerf trijumeau est divisé en trois branches : le V1 transmettant les informations sensitives issues des téguments du front, de l’œil et de ses annexes, le V2 transmettant les informations sensitives issues des téguments de la paupière inférieure, de la joue et de la lèvre supérieure, et le V3 transmettant les informations sensitives issues des téguments la mandibule, le menton et lèvre inférieure à l’exception de l’angle inférieur de la mandibule. La névralgie du trijumeau concerne habituellement la zone cutanée innervée par le V2 (parfois le V3, isolé au associé au V2). La cause du caractère paroxystique de la douleur n’est pas claire. La plupart des névralgies du trijumeau sont dites essentielles c’est à dire sans cause apparente.

Les douleurs sont unilatérales, ressenties sur une partie du visage. Elles sont fulgurantes, très intenses, à douleur de type de brûlures, broiement, éclatement ou de décharges électriques, ressenties durant quelques secondes, voire quelques minutes. Elles surviennent par salves lors d’une période douloureuse. Les périodes douloureuses sont entrecoupées de périodes d’accalmies, sans aucun signe, qui peuvent durer des années. Dans les cas sévères, les crises sont quotidiennes, voir pluri-quotidiennes, parfois déclenchées par la mastication, la parole, ou le simple effleurement d’une zone cutanée dites «zone-gachette», dont la localisation varie individuellement (peau, dent, gencive, mâchoire…).
Le diagnostic de névralgie essentielle du trijumeau est posé quand les symptômes suivant sont associés

- Douleur paroxystique (en éclair), unilatérale, limitée au territoire du nerf V, forte, avec des débuts et fins brusques,

- Indolence entre les accès,

- Zone gâchette, déclenchante

- Examen neurologique normal ;

- Symptômes apparus après 60 ans.

Le traitement fait appel au Tégrétol (carbamazépine), qui a une bonne efficacité sur la fréquence et la sévérité des crises. Le soulagement obtenu par l’usage de ce médicament constitue un bon test diagnostique. Il est prescrit en dosage progressif jusqu’à 10 mg à 15 mg par Kg et par jour au maximum. Le Tégrétol est efficace à court terme pour 70 % des malades, 25 % y sont résistants et 5 % ne le tolèrent pas.