La prise en charge des DAMs confronte le clinicien à des tableaux cliniques qui peuvent proposer des signes et symptômes proches ou parfois mêmes communs avec ceux du syndrome d’Eagle. il semble donc utile de rappeler ici les moyens de poser le diagnostic de ce syndrome.

Le syndrome d’Eagle est compris de nos jours comme une sensation inconfortable ou douloureuse de la région amygdalienne ou cervicale, liée à une apophyse styloïde anormalement longue ou a un complexe stylo-hyoïdien ossifié.  Bien que 4% de la population ait une apophyse styloïde allongée, seulement 5 à 10% de ce groupe présente des symptômes.

Les symptômes les plus courants sont la dysphagie, la sensation de corps étranger dans la gorge ou le cou, et des douleurs intermittentes du pharynx, ou même de la face. Il n’est pas rare que des céphalées, des douleurs temporo-mandibulaires et des otalgies soient décrites. Ces symptômes sont en général unilatéraux et liés aux mouvements de la tête.

Le diagnostic du syndrome d’Eagle est fait:

– à partir de la palpation de la fosse tonsillaire qui déclenche une douleur au contact de l’apophyse styloïde, calmée par une anesthésie de la fosse. La palpation extra-orale, sous mandibulaire permet parfois aussi de retrouver le volume osseux..

– grâce à l’imagerie (le scanner est l’examen de choix) qui met en évidence l’apophyse styloïde allongée et son ossification.

Le diagnostic du syndrome d’Eagle nécessite d’exclure les névralgies du glosso-pharyngien, les désordres des glandes salivaires et surtout les tumeurs du larynx et de l’hypo-pharynx.