Les articulations temporo-mandibulaires peuvent être atteintes par diverses affections rhumatismales. Les diagnostics de ces affections étant souvent sujets à discussions il importe de clarifier les situations ATMs pour les inclure correctement dans le cadre des affections rhumatismales. L’entité nosologique des spondylarthrites regroupe des rhumatismes inflammatoires fréquemment associés à la présence de l’antigène HLA B27 : spondylarthrite ankylosante, rhumatisme psoriasique, arthrites associées aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), arthrite réactionnelle et spondylarthrite indifférenciée. La classification désormais recommandée organise l’ensemble des spondylarthrites selon leur présentation clinique prédominante : axiale (comme la spondylarthrite ankylosante) ou périphérique (comme le rhumatisme psoriasique) à manifestation articulaire ou enthésitique.
Un avis spécialisé en rhumatologie ou en médecine interne est nécessaire pour valider le diagnostic de spondylarthrite. La HAS considèrent que les professionnels de santé suivants peuvent être impliqués dans la prise en charge des patients atteints de spondylarthrite : généraliste, rhumatologue, dermatologue, interniste, biologiste, radiologue, avec le concours d’autres spécialistes et de professionnels paramédicaux et sociaux, notamment : gastro-entérologue, ophtalmologiste, médecin de médecine physique et réadaptation, chirurgien orthopédiste, ergothérapeute, kinésithérapeute, infirmière, pédicure-podologue, podo-orthésiste, orthoprothésiste, assistant social. Le chirurgien dentiste est absent du tableau!
La place des ATMs fait ranger leur atteinte dans le cadre des formes avec prédominance des atteintes périphériques: hanches, interphalanges distales, dactylite (aspect de doigt ou d’orteil en saucisse), ou a prédominance enthésithique. Il va sans dire que si le rhumatologue a posé le diagnostic de spondylarthrite ankylosante, l’atteinte ATM sera incluse dans ce cadre même si on suspecte une responsabilité enthésitique importante.
Le diagnostic de spondylarthrite ankylosante de l’ATM, affection rare mais qui ne doit pas passer inaperçue tant elle est invalidante, se pose à partir des éléments suivants:
- Douleurs associées à une limitation sévère des mouvements mandibulaires
- Imagerie mettant en évidence l’atteinte structurale de l’ATM
- Diagnostic de spondylarthrite ankylosante posé par le médecin rhumatologue
La prise en charge des formes périphériques est similaire à celle décrite dans le guide médecin de la polyarthrite rhumatoïde publié par la HAS en 2008. L’ergothérapie est indiquée en vue de l’enseignement des règles de protection articulaire (éducation gestuelle ou économie articulaire), l’information sur les orthèses, le choix ou la confection des aides techniques. L’utilité des orthèses plantaires pour les atteintes de l’arrière-pied (enthésite calcanéenne) doit être évaluée systématiquement et au cas par cas. Pour les autres localisations, il convient de se référer par analogie au guide médecin de la polyarthrite rhumatoïde. Le chirurgien dentiste retrouve ici le domaine des orthèses qu’il peut envisager pour la protection des ATMs atteintes. Certains envisagent par ailleurs le recours à la chirurgie.






2 commentaires
Pat. B. a dit:
nov 23, 2012
C’est bien utile de faire des petites fiches simples sur les diagnostics de DAMs ou les pathologies qui ont des signes et symptômes communs. A poursuivre!
savin a dit:
nov 24, 2012
La chirurgie ne semble pas la solution la plus appropriée si l’on se réfère au cas précédent de Madame T. Il me semble que nous pouvons bien améliorer les douleurs de ses patients surtout si elles sont d’origine musculaire avec une gouttière mandibulaire de moyenne épaisseur.
Une fois de plus nous voyons que l’occlusodontie n’a toujours pas gagné ses lettres de noblesse. Elle ne fait pas partie des solutions proposées. Peut-être qu’à force de mouliner consciencieusement dans nos cabinets, nos amis les rhumatos et consorts réaliseront le bien fait de nos thérapeutiques.