Le guidage antérieur est essentiel à l’établissement d’une relation fonctionnelle harmonieuse en denture naturelle comme en denture prothétique. Il permet :

– La prise en charge des mouvements mandibulaires excentrés des 6 dents antérieures mandibulaires par les faces palatines des 6 dents antérieures maxillaires.

– Le désengrènement, faible mais effectif, des dents cuspidées, évitant ainsi les interférences postérieures : c’est le principe de la protection mutuelle.

Le guidage antérieur repose sur le fort pouvoir proprioceptif des dents antérieures. Cette propriété permet de guider la mandibule lors des mouvements fonctionnels de mastication, de déglutition (retour à l’OIM) et de phonation. Les messages proprioceptifs envoyés aux structures nerveuses qui commandent les effecteurs musculaires délimitent une enveloppe de fonction et finissent par créer les « engrammes » fonctionnels de l’individu.

Les composants du guidage antérieur sont :  le surplomb : d’environ 4mm, le recouvrement : il doit être supérieur ou égale à 2mm, l’angle inter-incisif ou pente incisive : idéalement elle est supérieure de 10° à la pente condylienne. (fig1) Si la valeur du recouvrement augmente et que l’angle inter-incisif diminue : on parle de guide antérieur excessif (supraclusion). (fig 2 et 2 bis) Si les valeurs du recouvrement et du surplomb sont nulles voire négatives : on parle de guide antérieur non fonctionnel. (fig 3 et 3 bis).

Le guidage antérieur idéal se matérialise par des contacts : linéaires, continus, répartis sur 1 ou 2 couples dentaires, reproductibles (fig 4)

On identifie 2 cas d’anomalies du guide antérieur :

– Guide antérieur excessif : Les structures anatomiques de l’ATM montrent que c’est une articulation conçue pour fonctionner vers l’avant. « Une restriction de l’enveloppe de fonction (fig 5) ne peut que favoriser, sur un terrain fragile, distension ligamentaire et désunion condylo-discale. » (fig 6 et 7)

– Guide antérieur inefficace n’empêchant pas les interférences postérieures : apparition de dysfonctions musculaires (fig 8) 

– Réalisez-vous systématiquement une analyse du guide antérieur ou doit elle se limiter au patients dysfonctionnels ?

– Pensez-vous que le guide antérieur soit plus réalité théorique que clinique ?

 

 

Lectures conseillées

Le guide antérieur et ses anomalies. Incidences sur la cinématique condylienne. O. Laplanche, et coll.  Cah. Proth. 117 mars 2002.

Approche occlusale d’une restauration des incisives maxillaires. M. Laurent et J.-D. Orthlieb. Cah. Proth.  99 septembre 1997.

Algies et dysfonctionnements de l’appareil manducateur. D. Rozencweig. Editions CdP.

La fonction de guidage. Un modèle biomécanique pour un concept thérapeutique. J.-D. Orthlieb, et coll. Cah. Proth. 128, décembre 2004.