Un patient de 34 ans est adressé par un confrère pour une usure dentaire importante généralisée. Il serre les dents la nuit et mordille un crayon le jour. Il ronge ses ongles de manière importante.
Il n’a pas bénéficié d’une traitement ODF, et présente un léger craquement à droite mais il remet sa mâchoire tout seul de temps en temps pour se soulager. Ce patient souffre de l’estomac et attribue ces douleurs à ses difficultés de mastication (il avale sans mastiquer). Les gouttières sont renouvelées tous les 3 mois. Le patient les perfore au bout de quelques semaines. ll porte depuis 3 mois une gouttière dure qui lui bloque les arcades maxillaires et mandibulaires en bouche fermée (il respire la nuit par le nez). Cette gouttière n’est pas très confortable, le fait ronfler mais il la supporte quand même. Il a réussi néanmoins à trouver un petit degré de liberté pour l’user dans son intrados (il décale sa mâchoire et l’use quand même).
Marcel Legall préconise des plans de morsure rétro-incisif pour limiter le bruxisme en le positionnant dans une position instable durant la nuit.
Quelle est la conduite à tenir pour limiter l’usure dentaire?
Quelle est le rôle de la gouttière dans l’usure de ses dents?
Elle les protège mais en même temps n’entretient-elle pas un bruxime réflexe ?
Que penser des prises en charge hospitalières style laboratoire du sommeil qui enregistre l’activité parafonctionnelle nocture ?
Merci de vos réponses.






2 commentaires
Casoar a dit:
sept 12, 2012
Voir la réponse de Guy Cotton à Marcel Legall, à propos de la protection canine, sur le site : http://webtv.pandentaire.com/dr-marcel-le-gall-protection-canine.html. Voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Déglutition_atypique, pour plus d’informations.
Réponse d’une patiente bénéficiant d’un plan de morsure préalable à la restauration dentaire.
carmen touchina a dit:
sept 19, 2012
Le cas présenté par Parolo n’est pas si rare en pratique quotidienne et pose de redoutables problèmes. Parolo a bien raison de se poser le problème en terme de protection et non de restauration. Sans prétendre à la vérité odontologique je me permets cependant de lui faire part des réflexions que m’inspire son post et la réponse de casoar.
1- Sincèrement je ne comprends pas en quoi la vidéo de Marcel Legall répond à Parolo. De plus je redoute que Darwin ne se retourne dans sa tombe en entendant certains arguments de Legall.
2- Pour limiter l’usure dentaire, à ma connaissance, il n’est pas possible d’intervenir directement sur les phénomènes qui alimentent la parafonction. Aujourd’hui on ne sait pas pourquoi ni comment se modifient les processus chimiques encéphaliques qui sont à l’origine du bruxisme. On a évoqué l’occlusion: c’est faux. On a évoqué le stress: rien ne permet de le prouver. Tout reste à faire en ce domaine. Donc pour limiter l’usure des dents il faut les protéger en mettant une gouttière occlusale. Comme on mettrait des gants à un onychophage pour protéger ses ongles.
Cette gouttière entretient-elle le bruxisme? Aucune étude ne le prouve ni son contraire. Il y a bien quelque travaux qui stipulent qu’une gouttière souple inciterait au mâchouillage et donc à une accentuation de la parafonction; mais aucune « preuve ». Le simple bon sens suffit pour comprendre qu’une gouttière dure s’usera moins vite qu’une gouttière souple. Et si le bon sens n’est pas là, l’expérience le remplacera.
3- Existe-t-il une forme de gouttière plus propice que d’autres pour protéger les dents? Je vous fais part de mon expérience. Pour moi, en fonction des retours de mes patients, une gouttière dure, qui permet à la mandibule de décrire sans obstacle ses déplacements parafonctionnels, est décrite comme plus « confortable » par les bruxomanes. Autrement dit, les contacts canins initialement mis en place sur l’orthèse (pour limiter le recrutement musculaire) sont très rapidement éliminés par le bruxisme qui produit des formidables rails de guidages latéraux. Les patients disent très bien que tant qu’ils ne peuvent pas glisser sans obstacles sur la gouttière ils ressentent des contractures musculaires de l’appareil manducateur.
Donc je vous conseille de faire aussi souvent que cela sera nécessaire, des gouttières lisses, dures, assez épaisses, et de les régler à minima pour que le patient se sente à l’aise dans son bruxisme. Il équilibrera ensuite très rapidement la gouttière par ses mouvements incontrôlés. En général un telle gouttière dure cependant plus de 3 mois. C4est le confort musculaire qui doit être notre objectif puisque les dents, elles sont protégées.