La mastication est à l’évidence la fonction première de l’occlusion. Les dents servent d’abord à mastiquer, leur mise en place sur les arcades étant concomitante de la nécessité de quitter l’alimentation liquide.
L’observation et la compréhension de l’occlusion appellent donc en première intention l’observation des contacts dentaires lors de la mastication. Cet exercice est difficile; très difficile car ces contacts sont fugaces, et le plus souvent invisibles car ils sont masqués par les joues les lèvres et la langue. De plus, quels que soient les moyens mis en oeuvre pour l’observation de la mastication, même s’ils évitent d’interférer avec ces contacts dento-dentaires de mastication, ils perturbent les jeux fonctionnels des muscles qui gèrent cette fonction. Dès lors l’établissement d’un modèle de contacts dento-dentaires physiologiques de mastication est aléatoire. C’est ce qui explique sans doute le fait que bien des descriptions de l’occlusion idéale s’abstiennent de faire l’inventaire des situations de mastication.
Bibliographie indispensable à ceux qui souhaitent comprendre à quel point il n’est pas envisageable de penser l’occlusion sans prendre en compte la mastication. Ouvrages parus en 2002 et 2008 aux éditions CDP






2 commentaires
PULL a dit:
sept 18, 2011
En son temps, Jean François Lauret, dentiste brestois,avait mis l’accent sur l’importance de la mastication. Il avait même proposé, si je me souviens bien, des modifications d’articulateurs pour simuler les contacts de mastication sur nos moulages en plâtre. Quelqu’un a-t-il l’expérience de cette modélisation?
marcel glorion a dit:
sept 29, 2011
Oui j’ai essayé de traiter quelques cas de restaurations prothétiques en faisant les modifications proposées par J.F. Lauret. Mais c’est difficile car il faut au départ enregistrer les relations occlusales mimant la mastication. Puis les reproduire sur le simulateur. De plus, les prothésistes ne sont pas habitués à ce genre de manips. Pour tout dire mon prothésiste a préféré ne pas se lancer dans ces modifications.
Mais la question reste entière: on sait bien que les sumulations sur les articulateurs classiques sont fausses car elles ne tiennent pas compte des contacts de mastication. Donc nos prothèses ne permettent pas les guidages fonctionnels de mastication. Doit-on considérer qu’il s’agit là d’une variable négligeable dans la plupart des cas de restaurations prothétiques et que la nature compense? Doit-on au contraire contrôler pour chaque patient porteur de prothèses si il n’existerait pas un déficit morphologique qui pourrait être à l’origine de dysfonctions de l’appareil manducateur?
Je sais que Lauret avait même créé avec un ami un articulateur capable de reproduire les situations occlusales de mastication. Quelqu’un a-t-il des infos sur cet articulateur?