Orofacial function and oral health in patients with Parkinson’s disease
Bakke M, Larsen SL, Lautrup c, Karlsborg M.
Eur. J. Oral Sci. 2011 ;119 : 27-32

La maladie de Parkinson concerne 120 personnes pour 100000. La maladie touche les systèmes moteurs, avec atteinte neurologique lente, progressive des mouvements, avec tremor, rigidité et bradykinésie. Elle aboutit à la dégénérescence des neurones dopaminergiques dans les ganglions et la substance grise du cerveau. Le résultat se traduit par un manque d’expression facial (comme un masque), des problèmes d’élocution et de dysphagie. On observe souvent une latéralisation des dyskinésies crânienne, faciale, et linguale incluant le bruxisme avec usure dentaire et xérostomie. La mobilité de la mâchoire est réduite, avec rigidité et mouvements involontaires ; par ailleurs la diminution de la déglutition et de l’occlusion labiale aboutissent à une fuite salivaire.
L’étude compare les fonctions orofaciales et l’état buccal d’une population de 15 malades atteints de la maladie de Parkinson et d’une population contrôle. Les tests comparatifs sont extraits des méthodes d’observation et d’évaluation scandinaves.
Les résultats montrent une diminution significative des fonctions orofaciales, en particulier pour la mastication et la déglutition, l’expression faciale et l’élocution. En ce qui concerne la sensibilité à la palpation des temporaux et des masséters, la situation serait identique pour les deux populations.
La discussion est sans grand intérêt et consiste en commentaires sur les résultats. En particulier le nombre de sujets des populations n’est pas discuté au fond. D’autre part la composition du groupe contrôle n’est pas vraiment évaluée ni discutée. La conclusion est intuitive : « Les résultats indiquent que la mastication et les fonctions orofaciales sont affectées pour les maladies de parkinson modérées ou avancées , et, avec la progression de la maladie, les problèmes dentaires et orofaciaux deviennent plus marqués. Les dentistes devraient être avertis des besoins spécifiques des patients Parkinson et de fréquentes visites dentaires sont souhaitables pour prévenir les maladies et destructions dentaires qui pénalisent la mastication et la déglutition ».
Analyse critique
1- Cette étude enfonce une porte ouverte : pas besoin de 15 patients parkinson et groupe contrôle pour affirmer qu’il y a une diminution des fonctions orofaciales et une dégradation corrélative de la santé buccale. Le simple examen clinique des patients Parkinson le montre. Pourquoi consacrer des moyens à ce travail inutile?
2- La conclusion qui recommande que des visites régulières soient faites auprès des dentistes (c’est l’évidence pour tout patient ne pouvant assurer une prise en charge de son hygiène buccale) devrait préciser qu’il n’est pas possible dans le cadre de la maladie de Parkinson d’envisager des traitements extensifs tels que les pratiquent les praticiens de ville. La conclusion devrait préciser qu’il s’agit de soins palliatifs (restaurations, obturations, extractions…) incompatibles avec les exercices de ville.
3- Aucune réflexion n’est conduite pour envisager les résultats d’une telle étude s’il elle avait été menée pour une autre pathologie. Les conclusions de l’étude seraient-elles différentes si on avait comparé le groupe contrôle avec une population de 15 sujets atteints de la maladie d’Alzheimer (par exemple). Autrement dit, l’étude ne permet pas de caractériser le groupe de malades par rapport à la pathologie étudiée, ce qui, au fond serait, le véritable intérêt du travail.
4- En se limitant aux caractères simples et évidents de la maladie de Parkinson (perte des fonctions orofaciales et atteinte consécutive de la santé buccale) l’étude se prive du véritable intérêt pour les odontologistes :
• Quels sont les signes et symptômes orofaciaux qui caractérisent la maladie de Parkinson à ses débuts? (dépistage possible en cabinet)
• Existe-t-il des particularités dysfonctionnelles mandibulaires ou faciales de la maladie de Parkinson ?
• Comment établir le diagnostic différentiel de la maladie en observant les signes et symptômes orofaciaux ?
Sur ces questions l’étude est muette.

A quoi servent de telles études et de tels articles?