A un patient (Pierre D. 36 ans) qui nous a contacté à l’adresse iOcclusion en ces termes: « Je souhaiterais pouvoir consulter un des praticiens de ce blog pour être pris en charge assez rapidement sur Paris », nous avions répondu que notre blog n’est pas destiné à établir des contacts entre des patients et des praticiens. Nous lui avons cependant proposé de décrire sa situation et de la publier comme « cas clinique » pour la soumettre à la discussion des praticiens lecteurs de ce blog. Tous les arguments et toutes les propositions seront les bienvenues. Merci de ne pas utiliser vos commentaires pour faire de la promotion pour tel ou tel praticien.

 

Avant 1994.  Extraction de 4 prémolaires dans le cadre d’un traitement orthodontique à l’adolescence. Extraction des 4 dents de sagesse (2 par 2 sous anesthésie locale) suite au traitement orthodontique.

Début 1994. Premiers craquements ressentis à droite à l’ouverture

Juillet 1995. Consultation chez un occlusodontiste qui me pose une gouttière à porter la nuit. Au bout de trois nuits, je me réveille avec une ouverture de bouche limitée (de mémoire à peine deux doigts). L’occlusodontiste me renvoie vers un chirurgien spécialiste des ATM qui décide de m’opérer après avoir diagnostiqué (avec une IRM) une luxation méniscale. Aucun autre traitement ne m’est proposé que l’opération

Septembre 1995. Opération de repositionnement du ménisque droit. Pose d’une gouttière le jour de l’opération. L’opération en tant que telle me semble réussie puisque je recouvre progressivement une ouverture normale (trois doigts) au bout de quelques semaines. En revanche l’opération a bouleversé mon occlusion : seules mes dents de devant se touchent et j’ai un espace important entre mes prémolaires/molaires du haut et celles du bas

Janvier 1995. J’entame un traitement orthodontique (sous la conduite de l’occlusodontiste pré-cité), qui consiste, à l’aide d’élastiques tendus entre mes dents du haut et mes dents du bas, à retrouver un contact dentaire entre mes dents

Juin 1995. Je sens que ce traitement ne va pas dans le bon sens puisqu’il tente de rétablir une occlusion qui ne me semble pas bonne pour ma mâchoire. Je perds confiance dans les praticiens consultés et je décide d’interrompre le traitement, devant par ailleurs déménager. A ce stade je n’ai qu’un seul contact dentaire : entre mes molaires tout au fond à droite

1996. La pose de points de résine me permet d’obtenir une occlusion à peu près correcte

2001-2004. Consultation chez un (excellent) orthodontiste qui me pose une gouttière lisse pour retrouver une bonne position mandibulaire. Long et minutieux travail de meulage très progressif de la gouttière et des dents et de pose. d’onlays qui me permet d’obtenir (enfin) une bonne occlusion

2005-2012. Plus aucun traitement. Je reste néanmoins fragile au niveau de l’ATM droite : je fais attention à mon alimentation au quotidien. Ma grosse incisive droite est légèrement rentrée vers l’intérieur de ma bouche au cours de ces dernières années, créant un contact avec celle du bas

13 avril 2012. Amygdalectomie à droite réalisée en urgence suite à un important phlegmon amygdalien. Présence d’un trismus avant l’opération (ouverture limitée à deux doigts). L’opération a été réalisée sous AG avec utilisation d’un écarteur de bouche en position soit disant limitée compte tenu de ma sensibilité ATM dont j’avais parlé au chirurgien. Après l’opération, ouverture de bouche encore plus limitée (un doigt et demi) et mobilité latérale et horizontale quasi nulle

3 mai 2012. Consultation chez un stomatologue qui ne semble pas alarmé et qui me prescrit 10 séances de kiné maxillo-faciale

Situation actuelle. Le kiné m’a « diagnostiqué » une double luxation méniscale. J’ai fait 4 séances de kiné et je fais des exercices 3 fois par jour qui consistent à tirer la langue pointue sans bouger les lèvres et à pousser ma lèvre supérieure avec ma langue en faisant un O avec ma bouche. La situation n’a quasiment pas évolué suite à ces séances. A froid, j’ai une ouverture de 27mm et une mobilité très réduite. Après une séance de kiné je suis à 33mm et j’ai une meilleure mobilité. Après une séance, mon occlusion est fortement modifiée n’ayant que deux contacts (incisives précitées et canines droites). Mon occlusion redevient « normative » après la nuit au cours de laquelle je pense serrer les dents assez fortement. La mobilité du condyle semble meilleure à gauche au toucher. Lorsque j’ouvre la bouche ma mâchoire descend vers la gauche. J’ai uniquement des douleurs à droite quand je baille (même avec la bouche fermée). En fin de journée j’ai souvent une sensation d’ankylose de la mâchoire qui s’accompagne parfois de maux de tête.

Quelles questions soulèvent ce cas? Que pouvez vous proposer à cette personne?