L’Information Dentaire du 16 mai 2012 publie un article intéressant et bien documenté d’Olivier Robin sur « La prise en charge des ADAM » (ou DAM), et qui pose la question : « occlusodontie ou inocclusodontie ? »

Cet article après avoir rappelé que la normalité occlusale est l’inocclusion (réalité physiologique) fait l’inventaire des situations de serrement, parafonctions et autres bruxismes qui aboutissent à majorer la durée (et les forces) des contacts dento-dentaires. Cet inventaire est quasi exhaustif et laisse la porte ouverte à des points qui restent en discussion (parmi bien d’autres) :

–          Le serrement diurne est-il une réponse au stress ?

–          Existe-t-il une relation de causalité entre stress et bruxisme ?

–          La suppression du serrement pendant les périodes de stress peut-elle favoriser la survenue d’autres manifestations psychosomatiques ?

Un article fort utile donc pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent ne pas abdiquer devant les DAMs qui toucheraient, selon l’auteur, « près de 10% de la population générale » (soit 6,5 millions de français ou environ de 50 à 60000 personnes pour un département moyen!)

Cet article présente à nos yeux un autre intérêt crucial pour notre profession, et il est tout entier matérialisé par l’interrogation du titre: occlusodontie ou inocclusodontie? Olivier Robin, dans son introduction, écrit:  » Les malocclusions ne sont plus considérées comme des facteurs étiologiques majeurs et incontestables des ADAM »; et de citer 9 références bibliographiques. Mais dans sa conclusion il écrit: « Dans le cadre de la prise en charge des ADAM il apparaît essentiel de faire prendre conscience au patient de l’existence éventuelle d’un comportement de serrement des dents et de la nécessité de le réduire ».

A quoi sert d’invoquer le « serrement des dents » si « les malocclusions ne sont pas de facteurs majeurs d’ADAM »?

En quoi le serrement peut-il être péjoratif si ce n’est par les contacts occlusaux qu’il établit ou exacerbe?

En appeler à l’inocclusion pour traiter les ADAM, n’est ce pas rappeler que l’occlusion est en cause dans leur génèse?

La logique formelle a des impératifs qui s’imposent à tous. On comprend bien qu’Olivier Robin voudrait que le patient cesse de serrer les dents pour limiter les ADAM. Tout le monde le souhaite. Mais pourquoi ne pas se poser la question la plus simple: la position mandibulaire liée au serrement des dents est-elle impliquée dans les ADAM? Si la réponse est positive alors l’occlusion peut être un  facteur incontestable d’ADAM.

Franchement, comment peut-on accorder du crédit à des études qui prétendent valider une doctrine négationniste (les malocclusions ne sont plus considérées comme des facteurs de DAM) alors que jamais aucune étude positiviste sérieuse n’a été capable d’affirmer la causalité de l’occlusion dans les ADAM? Il faudrait d’abord définir l’occlusion idéale, tant anatomique que fonctionnelle, ce qui est à proprement parler, impossible. Sans cette référence quelle est la crédibilité de ces travaux qui se prétendent scientifiques?

Merci à Olivier Robin de souligner que l’inocclusion est un facteur important de limitation des ADAM. Ce faisant il insiste sur le fait que l’occlusion est un facteur important d’ADAM.

Quant aux négationnistes, je leur propose un petit challenge: signalez moi un seul article qui vous semble scientifiquement crédible et qui soutienne l’idée que « les malocclusions ne sont pas des facteurs étiologiques d’ADAM » et je vous propose de vous montrer que cet article n’est pas scientifique. Nous en ferons une lecture critique complète et sérieuse. Et après nous pourrons discuter.