La palpation des ATMs se fait selon plusieurs voies qui peuvent dans certains cas apporter des informations complémentaires.

1- La palpation latérale standard est la façon la plus simple et la plus informative. Elle est faite bilatéralement de façon simultanée, sans exercer de pressions qui pénaliseraient le jeu articulaire . Pour un examen qui se déroule face à un patient assis verticalement, les paumes des deux mains sont placées au niveau des deux joues du patient de telle sorte que la pulpe des dernières phalanges des majeurs (certains préfèrent des index) soient en contact avec les pôles externes des condyles mandibulaires, juste en avant des tragus. La surface de palpage est augmentée si l’on place la pulpe d’un second doigt sur les zones des ATMs (index ou annulaire). Lors des mouvements d’ouverture-fermeture, mais aussi en cas de besoin, lors des mouvements latéraux de la mandibule, les doigts perçoivent 3 types d’informations:

Les déplacements condyliens et en particulier:

– leur amplitude ou leur limitation

– leur simultanéité ou leur asynchronisme

– les ressauts et les frottements intra-articulaires

L’apparition de bruits articulaires liés au déplacements:

– les claquements

– les crépitations

– leurs localisations et chronologie d’apparition

L’apparition de douleurs

– par pression sur les pôles externes, bouche fermée

– par pression rétrocondylienne en bouche ouverte

– leurs localisations et chronologie d’apparition lors des mouvements.

Cette palpation peut être récapitulée sur le diagramme de Farrar pour conserver sous une forme visuelle simple la quasi totalité des informations recueillies.

2- Palpation latérale à visée occlusale. Lorsqu’il existe simultanément un désordre ATM et un décalage ORC-OIM il est important d’évaluer les relations qui peuvent exister entre ces éléments. La palpation des ATMs apporte alors des informations capitales. Le patient est placé en ORC, sans contrainte sur les arcades en contact sur la prématurité. Puis le praticien place ses mains comme indiqué plus haut pour palper les ATMs. Il demande ensuite au patient de serrer les dents (OIM) et, pendant le glissement dentaire, il suit des doigts les mouvements disco-condyliens, en général très explicites quant aux contraintes imputables à l’OIM.

Comme il est utile de palper les ATMs durant le glissement entre ORC et OIM il peut être instructif de palper simultanément un chef musculaire et la situation articulaire. La manoeuvre est un peu plus complexe car il faut libérer un doigt pour palper soit les temporaux soit les masséters, tout en conservant les majeurs en avant des tragus. En général les informations recueillies sont, là encore, explicites.

3- Palpation de Mongini. Il est souvent utile de pouvoir déterminer une position mandibulaire confortable, en repositionnant les condyles mandibulaires sous les disques articulaires. Cette démarche est utile lors des déplacements discaux réductibles douloureux, ou difficilement réductibles. La palpation se fait en mettant les mains comme indiquées plus haut. Le patient est invité à ouvrir la bouche complètement (c’est à dire au delà des luxations discales, avec récupération des disques), et de refermer en bout à bout. A partir de cette position de bout à bout le praticien demande au patient, sans perdre les contacts incisifs, de glisser la mandibule vers l’arrière, délicatement, en se guidant sur la face palatines des dents antérieures (guidage antérieur). Les doigts sur les ATMs perçoivent très facilement le moment ou le recul mandibulaire produit la luxation discale. Ce point et repéré de façon à étudier la pertinence, ou non, de réaliser une orthèse de repositionnement. Le réglage de l’éventuelle orthèse fait appel à la même palpation.

4- Palpation endo-auriculaire

Le patient étant bouche ouverte, le praticien introduit ses auriculaires dans les méats acoustiques de telle façon que la pulpe du doigt soit tournée vers l’avant, en appui sur l’os tympanal qui constitue la face arrière de la cavité glénoïde. Le mouvement de fermeture, qui doit être délicat, peut produire une douleur dont la signification reste discutée mais qui matérialiserait une certaine inflammation de la zone bilaminaire. Lors de l’ouverture buccale, l’auriculaire perçoit très bien les ressauts et autres difficultés intra-articulaires. Cette palpation est peu utilisée.

5- Palpation d’évaluation de la laxité articulaire.

Il est possible d’évaluer la laxité ligamentaire de chaque ATM en exerçant un effort vertical vers le bas par le pouce d’une main placé sur la molaires homolatérales. L’autre main de l’opérateur, placée sur l’ATM perçoit et évalue l’étirement des pièces articulaires. Cette palpation peut, au besoin, confirmer une hyperlaxité qui aurait été signalée lors de l’entretien clinique mais qui n’aurait pas été retrouvée lors des mouvements d’ouverture-fermeture.

La palpation des ATMs est un examen très simple qui fournit de très nombreuses informations cliniques. Dans la quasi totalité des cas, la palpation des ATMs permet de dire à l’avance les images qui seraient obtenues par une IRM prescrite le plus souvent à tort.