Rééduquer la déglutition, nous l’avons vu dans le post précédent, nécessite que le patient présente une OIM fonctionnelle, c’est-à-dire qui permette simultanément un centrage articulaire et un calage interarcades. Il faut, quand le patient serre les dents, que les contacts dento-dentaires qui s’établissent sous contraction des muscles élévateurs, soient stables (sans dérapage) et maintiennent les structures articulaires dans une relation asymptomatique.

Si ce préalable est acquis, et perçu par le patient, l’éducation pour la déglutition est assez simple et peut être formalisée de la façon suivante :

1-On demande enseigne un exercice en 3 temps:

*Le patient doit serrer les dents. Il faut contrôler que le patient est effectivement en OIM et lui faire prendre conscience des contacts dento-dentaires qui s’établissent ainsi; et qui sont souvent nouveaux pour lui. On insiste sur le fait que durant tout l’exercice les dents doivent rester serrées, pour maintenir la langue dans sa boîte.

* On invite le patient à placer la pointe de sa langue sur les collets palatins des incisives maxillaires. Là encore on vérifie qu’en plaçant sa langue la patient n’a pas desserré ses dents; ce qui est très souvent le cas. On insiste encore pour qu’il perçoive ses contacts occlusaux maintenus pendant qu’il place sa langue correctement.

*Le troisième temps est celui de la déglutition proprement dite. Le patient est invité à avaler sa salive, sans desserrer les dents et en conservant la langue appuyée au palais. C’est un mouvement qu’il ne sait pas faire: il peine à déclencher la vague ondulatoire de la langue qui chasse la salive vers l’arrière de la bouche. Bien souvent encore, dans ces efforts, il desserre les dents. Il faut lui expliquer que desserrer les dents c’est pire que ne rien faire car la pression linguale va à nouveau déplacer les dents. Il est donc important de bien contrôler que les arcades restent en contact pendant tout l’exercice. Le patient se plaint souvent de difficultés au niveau des muscles sus-hyoïdiens qui sont notoirement sous développées dans le cadre des déglutitions infantiles. Il convient de signaler que cette musculature va se développer par le biais des exercices.

* On fait répéter cet exercice en détaillant bien les 3 temps, jusqu’à ce que le patient sache le réaliser sans desserrer les dents.

2- Il est demandé au patient de refaire l’exercice 10 fois chaque soir et chaque matin (au besoin dans son lit) en détaillant bien les 3 temps.

3- Malgré les exercices, durant la journée, il arrivera que la déglutition se fasse automatiquement sur l’ancien schéma avec langue interposée. On explique au patient que cette situation est normale en début de période de rééducation, mais que le succès ne sera au rendez vous que s’il se rend compte, de plus en plus souvent, des déglutitions atypiques qui persistent. Nous lui demandons, à chaque déglutition atypique qu’il se surprendra à faire, de refaire un exercice en 3 temps tel qu’il lui a été enseigné.

4- Le patient est revu après 8 jours pour contrôler les progrès accomplis et le degré de motivation. Il peut être utile de répéter les premières instructions; mais le patient doit signaler qu’il prend conscience de ses déglutitions atypiques. Il convient de le soutenir dans ses efforts. Un ou deux autres contrôles peuvent être utiles jusqu’à ce que le patient vienne à la consultation et déclenche fièrement, spontanément et sans difficulté particulière une belle déglutition dents serrées. La partie est gagnée.