L’Information dentaire consacre son numéro spécial de printemps (21 mars 2012) à la voix. Quelle belle idée ! Bravo. La phonation, l’élocution, la communication orale, ne sont-elles pas associées de très près aux fonctions de l’appareil manducateur ? Comment dès lors, imaginer que les DAM et l’occlusion puissent être étrangers à l’articulation de la voix ? L’article « Phonation et ODF », proposé par Armelle Manière-Ezvan, rappelle le lien concret entre phonation, occlusion et malocclusion. La langue bien sûr est au centre des enjeux fonctionnels ou dysfonctionnels. Il s’agit d’un article utile pour tous les praticiens car il rappelle, à bon escient, quelques idées importantes que nous souhaitons relayer in extenso. Nos lecteurs intéressés se reporteront facilement à ce numéro spécial de l’ID.

«  La langue est l’organe le plus important de l’articulation de la parole. Elle présente des changements rapides de forme et de mouvements. Il peut y avoir des altérations de la parole lorsque les anomalies ne peuvent être compensées ou lorsqu’elles demandent un haut degré d’adaptation fonctionnelle. Mais il peut être difficile de distinguer la cause des effets, car tous ces acteurs oraux sont étroitement liés au sein des praxies oro-faciales. Pour certains ce sont les dysmorphoses alvéolo-dentaires qui sont à l’origine des troubles phonatoires, et, pour d’autres elles sont la conséquence des défauts d’articulation…Ainsi il est difficile de corréler les problèmes phonatoires avec les malocclusions et les anomalies de développement. Mais on ne peut écarter cette possibilité… »

« Des troubles de la phonation ont été rapportés associés aux classes II molaires, classes III molaires, supraclusion et béance : cette dernière anomalie occlusale étant celle qui conduit le plus souvent à des troubles de la phonation : étroite relation entre béance et zézaiement antérieur »

« Une phonation dysfonctionnelle ne peut, à elle seule, entraîner une dysmorphose. Elle peut être mise en cause, uniquement dans le cadre d’un environnement musculaire déjà déséquilibré…d’où l’intérêt de la prise en charge des parafonctions et des anomalies occlusales précocement. »

Le rôle de la déglutition atypique est à juste titre souligné.

Le numéro entier de l’ID est à lire et à conserver.