L’équilibration occlusale est un acte définitif. C’est à dire qu’il procède, pour partie, à des suppressions de volumes dentaires et que ces volumes perdus à tort sont difficiles à reconstruire. A cet égard l’équilibration occlusale doit être parfaitement intégrée dans la logique thérapeutique, et être simulée avant d’être réalisée. C’est ce qu’on nomme l’analyse occlusale. C’est dans le cadre des équilibrations en rapport avec les DAM que les risques sont les plus grand. En effet, le fait d’intervenir sur les dents d’un patient avec la motivation exprimée « d’équilibrer » la mâchoire doit être considéré comme un acte lourd de conséquences psychologiques, sachant que des patients fragiles peuvent assimiler cette intervention à une remise en cause complète de leurs « équilibres », dentaires, posturaux et psychologiques. Une équilibration occlusale ne saurait donc être réalisée en première intention sans les plus grandes réserves et avec la plus grande prudence.

Ceci étant posé, il existe un certain nombre de situations qui nécessitent une équilibration occlusale et le praticien doit souvent  réaliser cet acte avant un traitement restaurateur ou après un traitement ODF. Le contexte est souvent plus simple à gérer. Le chapitre consacré par Daniel Rozencweig  (1) aux préalables à la coronoplastie est particulièrement intéressant, et sa conclusion doit être considérée comme une des clefs de l’équilibration occlusale: « L’ajustement occlusal n’est bénéfique que si le patient a compris son utilité, accepté et même souhaité sa réalisation ».

Le présent post n’a d’autre prétention que d’illustrer le cas d’un patient de 68 ans

adressé par son chirurgien dentiste pour une équilibration avant de réaliser les prothèses (implants, PAP, prothèse scellée ?). Il faut signaler que le patient, qui ne se plaint de rien, présente une déglutition atypique (sans doute impliquée dans le désordre occlusal) qui ne pourra être rééduquée qu’après l’équilibration. Pour des raisons de clarté les illustrations sur modèles sont immédiatement suivies des illustrations cliniques. En réalité, la totalité de la simulation sur modèles est réalisée avant les retouches cliniques. Les rectifications dentaires ne sont faites que si la simulation montre qu’elles sont possibles sans mutilations excessives.

 

Il est nécessaire de contrôler la stabilité des résultats acquis dans la semaine qui suit l’équilibration. Des micro mouvements dentaires se produisent, contribuant à modifier les calages obtenus. Par ailleurs la musculature plus détendue est susceptible de modifier la position mandibulaire. Enfin, le patient peut exprimer un certain nombre de difficultés pour tel ou tel contact, dans telle ou telle situation. Une équilibration provoque une réelle prise de conscience par le patient de contacts qu’ils ne connaissait pas. Il exprime très souvent, spontanément, sa surprise et son confort. Il ne faut pas hésiter à affiner le travail sur une ou deux séances s’il le faut. Et pour ce patient il reste, impérativement, à rééduquer la déglutition. Faute de quoi la langue déplacerait à nouveau les dents.

(1)Rozencweig D. Algies et dysfonctions de l’appareil manducateur. CdP edit Paris 1994