Trop souvent en matière d’ATM le mot de luxation est automatiquement associé au disque articulaire. Mais il ne faut pas oublier que la mandibule elle même peut se luxer, c’est à dire sortir des cavités glénoïdes. La pathologie est beaucoup moins fréquente que la luxation des disques mais elle est beaucoup plus invalidante. Et, chose importante, le chirurgien dentiste est parfaitement apte à répondre à cette atteinte qui doit être prise en charge rapidement.

Cliniquement on est dans une situation où le condyle mandibulaire est sorti de la cavité glénoïde et le patient, bouche grande ouverte, ne peut plus refermer la mâchoire. La situation peut être, ou non, douloureuse mais elle est angoissante pour le patient si c’est la première fois qu’il connait le problème. La luxation mandibulaire peut intervenir à la suite d’un traumatisme, mais aussi à la suite d’une fausse manoeuvre (baillement, cri…), souvent chez un patient hyperlaxe. Si le patient ne peut réduire lui même cette luxation mandibulaire il faut intervenir assez rapidement pour ne pas prolonger une situation qui étire et fragilise les structures articulaires.

Le diagnostic de luxation mandibulaire se pose à partir des signes suivants:

– Impossibilité de refermer la bouche

– au besoin, imagerie mettant en évidence le condyle mandibulaire en avant de l’éminence temporale.

– Dans certains cas la douleur ressentie au moment de la luxation peut perdurer.

On ne peut pas évoquer ce diagnostic sans signaler la manoeuvre qui permet de réduire la luxation. C’est la manoeuvre de Nélaton

qui consiste à empaumer la mandibule à deux mains, les pouces étant placés sur les faces occlusales molaires mandibulaires. Un opérateur doit tenir fermement la tête à moins que le patient puisse se tenir fermement appuyé sur une fauteuil dentaire. Le praticien exerce une pression forte vers le bas pour faire passer les condyles sous l’éminence temporale, puis exercer une poussée plus délicate vers l’arrière pour replacer les condyles dans les cavité glénoïdes. Si la manoeuvre est faite correctement elle n’est pas douloureuse. Le film ci joint trouvé sur canal palatin vous en donne une idée.

Ce qui est important c’est de rassurer le patient avant de faire la manoeuvre car son inquiétude aboutit  à une certaine crispation des élévateurs qui pénalise le travail. Certains auteurs par ailleurs, parlent de se protéger les pouces…en général la paire de gants est bien suffisante.

Il faut se souvenir qu’un patient qui a subi une luxation mandibulaire est prédisposé à revivre cette pathologie.