Pour l’ATM, la luxation discale irréductible correspond à un déplacement du disque, en général vers l’avant et médialement (mais d’autres situations sont observables), sans possibilité de retour spontané à sa position physiologique dans laquelle il est interposé entre les surfaces articulaires condyliennes et temporales. La luxation discale peut apparaître soit d’emblée, soit, le plus souvent après une période de luxation discale réductible.

Cliniquement le disque crée un obstacle intra-articulaire qui limite plus ou moins les déplacements du condyle mandibulaire et donc la mobilité mandibulaire. Ce positionnement du disque aboutit également à distendre l’attache postérieure du disque (zone bilaminaire vascularisée et innervée, contrairement au disque lui-même). La connaissance de ces éléments cliniques permet de comprendre comment va s’établir le diagnostic en distinguant la luxation aigue de la luxation chronique.

 

Le diagnostic de luxation discale irréductible aigue se pose sur les signes et symptômes suivants :

– Limitation brutale de la motilité mandibulaire (décrite comme un blocage à l’ouverture) : soit concomitante de la disparition d’un claquement articulaire ancien, ou soit d’emblée (avec ou sans cause identifiée par le patient)

– Déflexion de la mandibule du coté atteint lors de l’ouverture buccale,

– Douleur de la région ATM du coté atteint. Cette douleur peut être très vive et constitue souvent le motif de consultation.

– Sensation (fréquente) de contacts prématurés du coté de la luxation (la zone bilaminaire interposée entre les surfaces articulaires est moins épaisse que le disque auquel elle s’est substituée, ce qui favorise la remontée du secteur mandibulaire homolatéral)

– Aucun claquement articulaire

– A la palpation le déplacement condylien en ouverture est limité, ou inexistant ; aucun ressaut n’est perceptible.

 

Le diagnostic de luxation discale irréductible chronique se pose sur des signes et symptômes comparables mais qui peuvent être atténués:

– Le blocage s’est produit il y a plusieurs semaines, mois ou années,

– La limitation d’ouverture buccale s’est peut être atténuée, de même que la déflection,

– La douleur peut être atténuée

– La sensation de prématurité a souvent disparu.

L’attitude thérapeutique est différente selon qu’on est devant une luxation discale irréductible aigue ou chronique. Sans entrer ici dans la prise en charge de ces DAM, il faut donner quelques conseils simples pour l’exercice quotidien :

– il y a urgence à traiter une luxation irréductible aigue récente (ce qui n’est plus le cas avec une luxation chronique)

– ne pas équilibrer les dents pour supprimer les contacts prématurés

– soulager la douleur par des anti-inflmmatoires et/ou antalgiques appropriés

L’IRM qui est l’examen de choix pour mettre en évidence les tissus non osseux de l’articulation, n’a pas d’indication dès lors que le diagnostic est correctement posé.

La question la plus difficile est de distinguer entre luxation aigue ou chronique, autrement dit, les situations pour lesquelles il est possible de soulager par orthopédie et celles qui relèvent de démarches d’accompagnement d’une situation établie.

Comment distinguer les luxations discales irréductibles aigues pour lesquelles il est possible de soulager par orthopédie?