La luxation discale réductible correspond à un déplacement du disque articulaire, en général dans une situation avancée et médiale, de telle sorte qu’il crée un obstacle aux mouvements du condyle mandibulaire lors de l’ouverture buccale. Lors de l’ouverture buccale, au moment où se rétablit une coaptation des surfaces articulaires, un bruit est perceptible (claquement). La suite du mouvement se fait sans difficulté jusqu’à l’ouverture maximale, les pièces articulaires étant correctement coaptées. Lors de la fermeture, un nouveau claquement apparait au moment où les pièces articulaires reperdent leur coaptation. On simplifie l’explication et disant que c’est au moment où la tête  condylienne franchit le bourrelet postérieur du disque que se produit le claquement: à l’aller comme au retour. On parle de claquement réciproque.

Dans la plupart des cas la palpation retrouve un ressaut articulaire au moment des claquements. Classiquement on considère qu’un claquement précoce en ouverture (donc tardif en fermeture) est une situation débutante ou peu préoccupante. Inversement une luxation discale tardive à l’ouverture traduit une situation fortement dégradée et difficile à récupérer.

Le diagnostic de luxation discale réductible se pose donc à partir de l’observation d’un claquement articulaire « réciproque » en ouverture-fermeture de la bouche. La description donnée par le patient, l’écoute des bruits et la palpation suffisent à établir ce diagnostic. Aucune imagerie n’est nécessaire.

A partir de ce schéma de base il faut apporter quelques informations complémentaires.

– La luxation discale réductible peut être, ou non, douloureuse.

– La luxation discale réductible, si elle est unilatérale, peut être accompagnée d’une latérodéviation lors de l’ouverture,  se régularisant en fin de mouvement.  En général il n’y a pas de limitation de l’amplitude d’ouverture buccale.

– Une très grande partie de la population (près de 50%) présente des bruits articulaires, assimilables pour un certain nombre à des luxations discales réductibles, pour lesquels il n’y a aucune plainte ni demande de soins. Une faible part des luxations discales nécessitent une prise en charge.

– Certaines luxations discales évoluent et s’aggravent: claquements de plus en plus tardifs, ou difficultés de plus en plus grandes à récupérer le disque entre les surfaces articulaires, ou épisodes de blocages, ou apparition de douleurs.

– Si le diagnostic de luxation discale réductible est facile à poser, il est plus difficile de dépister les situations qui évolueront défavorablement.

– Les éléments cliniques qui doivent faire suspecter l’ aggravation possible d’une luxation discale réductible sont les suivants:

– situation de stress

– laxité ligamentaire

– extraction des dents de sagesse sous anesthésie générale

– position de sommeil ventral

– tic ou parafonction diurne (dont onychophagie sévère)

– décalage OIM / ORC

– conditions occlusales de classe II 2

– occlusion inversée unilatérale

– surplomb ou béance avec défaut de centrage/calage

– défaut de guidage molaire en mastication

– mise en place d’élastiques de Classe II lors d’un traitement ODF

Ces éléments font partie des éléments classiques d’observation pour les patients chez qui on peut soupçonner des difficultés occlusales ou qui se plaignent de DAM.

Faut-il avoir la même attention pour n’importe quel patient?