Les DAM peuvent être liés à des postures contraignantes ou déséquilibrées qui sont tenues pendant de longs moments. C’est en particulier le cas pour la position de sommeil ventral.  Jeanmonod avait insisté dès 1988 sur cette « position nocive » pour laquelle il proposait un harnais (1). De toute évidence un patient couché pendant une nuit entière avec la tête en appui sur la mandibule, peut désorganiser les rapports intra-articulaires des ATMs. La position la plus pathogène à ce sujet est la position de sommeil ventral avec appui de la tête sur le menton. Surtout quand le patient appuie sa mandibule sur son poing ou tout autre objet dur. D’ailleurs, bien des patient(e)s qui disent dormir sur le ventre, répondent positivement si on leur demande s’ils remarquent qu’au matin les difficultés mandibulaires sont augmentées par la position de sommeil. Il est donc capital, pour tout DAM, de connaître la position de sommeil des patients; ou plus exactement la position dans laquelle se réveillent les patients. Cette position de sommeil ventral est d’autant plus dommageable que le patient est hyperlaxe. Dans ces cas, la faiblesse des ligaments articulaires ne permet pas de maintenir les pièces articulaires correctement coaptées. Il ne faut pas croire que ces situations seraient exceptionnelles: au contraire elles sont très fréquentes.

La première attitude thérapeutique recommandée pour la prise en charge des DAM est le recours aux conseils comportementaux. On trouve ici matière à intervenir et bien des DAM sont totalement rentrés dans l’ordre grâce au simple changement de position de sommeil. C’est le traitement de choix et il ne sert à rien d’entreprendre quoi que ce soit tant que le patient ne change pas sa position de sommeil. Mais ce changement comportemental doit être accompagné car il est difficile. Un patient ne peut, du simple effet de sa volonté au coucher, s’assurer de dormir effectivement sur le dos. Précisons quelques points pour aider les patients à cesser de dormir sur le ventre.

1- Leur expliquer que la volonté ne suffit pas.

2- Signaler la difficulté des 2 premières nuits et demander de ne pas entreprendre cette modification pendant une période tendue. Attendre un week end ou des vacances.

3- Rappeler le système de sangle utilisée chez les nourrissons pour les contraindre à dormir sur le dos. Décrire précisément  les moyens simples utilisables pour un adulte: soit une ceinture attachée au matelas, soit le recours à un soutien gorge attaché au matelas.

4- Imposer le port de ces sangles pendant au moins une semaine. La première nuit est très difficile puis le patient s’habitue petit à petit, et, finalement, peut se passer des sangles pour dormir sur le dos (réveil sur le dos)

 

Bibliographie.

Jeanmonod. A Occlusodontologie. Applications Cliniques. CdP Edit 1988