Comme le souligne Berthoz le premier rôle du cerveau en matière de mouvement est l’anticipation. A ce titre il faut donc rappeler que c’est le cerveau qui pilote l’appareil manducateur et l’adaptation des mouvements mandibulaires par rapport aux contacts occlusaux. Une simple expérience vous en confirmera personnellement la puissance. Si vous recevez à manger une tartine de pain couverte de confiture, vos mouvements mandibulaires seront très différents (cycles de mastication) selon qu’on vous aura annoncé que la confiture était une gelée de cerises (sans noyaux) ou une véritable confiture de cerises avec les noyaux. Le cerveau recevant cette information anticipe les obstacles occlusaux constitués par les noyaux, sans effort conscient particulier de votre part, et adaptera les mouvements mandibulaires aux conditions prévues. Pour une annonce de « confitures avec noyaux » le cerveau va, d’une part, mettre en place des stratégies d’évitement (limitation de l’amplitude des mouvements, détection linguale des noyaux, limitation des forces masticatrices, …) et, d’autre part, grâce aux informations proprioceptives fines reçues, éviter des dérapages dento-dentaires ou articulaires, désagréables ou à risque. Le principal organe de l’occlusion c’est le cerveau qui anticipe et gère les comportements mandibulaires, dont les évitements, pour adapter l’appareil manducateur à ses différentes fonctions. Nous soulignons les évitements, car, s’ils sont évidents dans l’exemple des confitures à noyaux, ils sont par ailleurs totalement sous estimés dans le cadre des analyses occlusales. Et si l’IOM était d’abord le résultat d’évitement d’occlusaux ? Claude Lévi-Strauss rappelait qu’un masque cache plus qu’il ne veut montrer. Nous pensons que l’IOM masque plus qu’elle n’informe. L’OIM est le masque de la dentisterie au jour le jour. Ce qui importe c’est ce qu’il y a derrière, c’est-à-dire la santé et l’ORC.






6 commentaires
Casoar a dit:
fév 8, 2012
Je partage entièrement cet avis. L’important, c’est la face cachée de l’iceberg, là où s’exercent toutes les tensions (…), plutôt que sa face visible. Le patient ne peut mordre qu’en fonction de la forme générale de ses arcades dentaires. Enjoindre un patient de mordre les dents pour ensuite interpréter les traces de papiers laissées sur les dents, n’a rien de scientifique. Cette méthode est à proscrire en présence de patients qui souffrent de malocclusion dentaire, ce qui est le cas des 75%, voire 90%, de la population. Cette pratique est source d’effets iatrogènes chez quasi tous les patients, vu que ceux qui n’en souffrent pas consultent rarement leur médecin dentiste. N’est-il pas vrai qu’en cas de gène, c’est le patient lui-même qui demandera à son praticien d’intervenir. Les tentatives successibles d’ajustement de mes dents s’est faite au détriment d’une bonne relation entre mes mâchoires, simplement parce que cela a été réalisé sur une base erronée de quelques dents restantes qui elles avaient bougé. Alors si je devais voter pour ou contre cette pratique désuète de vouloir à tout prix bien engrener les dents au moyen de meulage, je voterais CONTRE, car le couple des arcades dentaires vaut plus que la somme de chaque élément dentaire qui le compose. Elémentaire, mon cher, alors en attendant de tout recommencer, mon cerveau me commande d’éviter tout « noyau de cerise » à chaque déglutition. A tous les praticiens, je dis ceci : inutile de vous presser pour meuler les dents d’un patient qui n’est pas demandeur. Laissez-lui le temps d’apprécier votre travail et celui de votre prothésiste avant de modifier quoi que ce soit, merci. Ce n’est que de retour à ses activités quotidiennes que le patient pourra apprécier la qualité du travail de son dentiste, et certainement pas couché dans le fauteuil de son cabinet.
Une patiente au bord de l’anéantissement.
Hans Block a dit:
fév 16, 2012
Votre bon sens de patiente rejoint nos réflexions de cliniciens. Bien entendu le choix de vouloir équilibrer, ou ré-équilibrer par des prothèses, une occlusion considérée comme éloignée de l’occlusion idéale, c’est faire prendre un véritable risque au patient. Je crois que nous sommes tous d’accord. La question symétrique est posée pour les situations pour lequelles il y a un DAM et qu’on le pense lié à l’occlusion. Sur quelles bases intervenir?
Casoar a dit:
fév 21, 2012
Merci pour votre réponse.
Est-ce que le texte ci-dessus (L’OIM est est masque) est le résumé d’un article plus complet? Si oui, pourriez-vous me dire comment accéder au contenu de cet article.
Alors sur quelles bases intervenir ? C’est une longue histoire, qui ne peut se résumer en une demi-page. Je réserve cela au spécialiste qui va me soigner. Rendez-vous est pris à la clinique belge d’occlusodontologie.
Vous semblez faire partie des quelques personnes sensibles aux problèmes de malocclusion. Est-ce indiscret de vous demander dans quelle région vous travaillez ? Comment en savoir plus sur les méthodes que vous utilisez ?
Hans Block a dit:
fév 21, 2012
Le texte de ce post fait effectivement partie d’une réflexion plus globale. Mais le texte n’est pas publié, et s’il l’est un jour ce sera dans un cadre de revue professionnelle. Ce blog iOcclusion est avant tout à destination des professionnels. Mais bien entendu les patients (tout professionnel est aussi un patient) peuvent intervenir. Par contre notre démarche est strictement intellectuelle et clinique et ne vise pas à mettre en relation des patients et des thérapeutes. Je ne vous dirai donc pas dans quelles régions travaillent les personnes qui écrivent sur ce blog. Vous comprenez notre démarche bien sûr et vos interventions retiendront toute notre attention.
Pourriez vous nous dire ce qui caractérise à vos yeux la clinique belge d’occlusodontologie et les raisons qui vont font y consulter?
Casoar a dit:
fév 26, 2012
Je n’aurai donc pas le loisir d’apprécier la saveur du fruit de votre labeur à sa juste valeur (ou le plaisir de vous lire), c’est dommage. Cependant, les faits me semblent suffisants : quand expérience passe science… Le texte de mon témoignage, s’il est publié un jour, s’adressera à tous.
L’auteur écrivait : « ce blog iocclusion est avant tout à destination des professionnels. » Est-ce que l’administrateur de ce blog partage cet avis ? car la santé des patients est l’affaire de tous. Les questions en matière d’occlusion dentaire sont trop nombreuses que pour être débattues entre professionnels uniquement, ou indépendamment de ce que ressentent les patients. Les symptômes décrits par les patients sont indispensables aux professionnels tout comme le savoir-faire des professionnels est indispensable aux patients. Une démarche intellectuelle et clinique va de pair avec une démarche factuelle, les deux sont complémentaires.
A part les informations diffusées sur le site de la clinique belge d’occlusodontologie, je connais peu de choses, si ce ne sont les qualités humaines de son serviteur, disciple d’Albert Jeanmonod, son respect pour les patients, et réciproquement, entre autres.
Copié de http://www.osteopathie-france.net/essai/microsteo/86-bestmars08
« L’occlusodontologie (Albert Jeanmonod) fait appel à la proprioception et à la symptomatologie (objective, subjective) pour déterminer une relation maxillo-mandibulaire myodéterminée asymptomatique. »
Hans Block a dit:
fév 26, 2012
Merci de votre rappel concernant les travaux d’ A. Jeanmonod dont on trouve trace sur le site que vous nous avez mis en lien. Cet auteur est bien connu dans le monde de l’occlusodontologie et ses positions en faveur d’une meilleure prise en compte des aspects neuro-musculaires intervenant dans l’occlusion sont incontournables.