Nous souhaitons ici nous faire l’écho d’un document assez ancien (1995) mais qui conserve son importance car il avait très simplement et précisément décrit les conditions occlusales des positions classiques de référence: OIM et ORC. Il s’agit d’un chapitre (examen du système articulaire: occlusion) d’une synthèse consacrée aux désordres temporo-mandibulaires(1).
L’objectif est d’interroger les praticiens pour les aider à sortir d’idées anciennes qui traînent dans la dentisterie française sans jamais être remises à jour.
1- « Comment trouver l’occlusion d’intercuspidation maximale (OIM)? Demander au patient de serrer les dents « normalement » ou « sur les dents du fond »
2- Comment trouver la relation centrée (RC)? La relation centrée est obtenue par « manipulation passive ». Par ce moyen le dentiste est capable de trouver une relation intermaxillaire reproductible. La manipulation passive consiste à faire décrire l’arc de fermeture mandibulaire avec le minimum de participation musculaire du patient. Au début on arrête la manipulation juste avant que s’établissent les contacts dentaires, mais au fur et à mesure de la manipulation la mandibule devient plus souple et elle peut être élevée jusqu’à ce que le premier contact dentaire soit atteint. C’est la fermeture selon » l’axe charnière »…Le plus important est le principe selon lequel cette manipulation doit correspondre, le plus possible, à une position musculairement détendue. Ceci ne signifie pas que la force musculaire du dentiste doive se substituer à celle du patient; contre toute attente, pousser sur la mandibule est contreproductif et augmente le tonus musculaire du patient.
3- Quelle est la signification clinique des relations intermaxillaires? Il se peut que les dents établissent des contacts complets en relation centrée. Mais il est courant que l’OIM ne s’établisse pas en RC. Il apparait alors un contact prématuré et un glissement (dérapage) de la relation centrée vers l’OIM. Savoir si ce dérapage existe est la question essentielle parce qu’il constitue le facteur d’évaluation le plus important de l’occlusion du patient ».
- Ne pensez vous pas que ces éléments sont parfaitement adaptés à nos exercices quotidiens?
- Pourquoi tant de praticiens considèrent-ils que la RC est une position en rétrusion?
- Pourquoi tant de chercheurs ne prennent-ils pas en compte ce dérapage ORC-OIM dans la cascade étiologique qui mène aux dysfonctions temporo-mandibulaires?
Bibliographie
1- Temporomandibular disorders. A clinical approach. London. British dental association 1995, 63-68 Gray R.J.M Davies S.J. Quayle A.A






5 commentaires
Dr Ino a dit:
jan 20, 2012
Un simple rappel de physiologie : les contacts occlusaux lors de la fonction (mastication, déglutition) s’effectuent en OIM et non en RC. L’appareil manducateur s’est donc adapté à l’OIM. Pourquoi donc toujours vouloir raisonner par rapport à un décalage RC – OIM dans le cadre des dysfonctions ?
Je suis preneur d’une raison convaincante.
jeanine a dit:
jan 20, 2012
Bonjour Dr INO. Si la RC est bien « la position musculairement détendue » c’est vraiment à partir de cette réference qu’on peut établir les meilleures fonctions occlusales: centrage, calage et guidage. C’est à partir de cette référence que les dents seront les moins à même de perturber l’appareilquand les forces s’établiront.
jeannine a dit:
fév 8, 2012
on peux aussi répondre à votre question sous l’angle de la simple logique:
- Si « l’appareil manducateur s’est adapté à l’OIM » ne doit-on pas s’interroger, dans le cas où cet appareil est « désadapté » (désordre, dysfonction…), sur la valeur de cette OIM? Et quelle autre référence retenir en première intention sinon l’ORC?
Dr INO a dit:
fév 9, 2012
Bonjour Jeanine. Sauf mauvaire interprétation de ma part, votre première interrogation revient à dire que l’OIM peut être responsable de DAM, ce qui est loin d’être prouvé, hormis quelques situations particulières.
Sinon, je considère personnellement que la RC est utile lorsqu’il n’existe plus de repères occlusaux valables. Dans le cas contraire, je ne vois pas pourquoi on devrait retenir en première intention la RC, ce qui va obliger à reconstriure toute l’occlusion du patient puisqu’il existe pratiquement toujours un décalage entre RC et OIM.
jeannine a dit:
fév 10, 2012
On est ici je crois dans le coeur du problème de l’occluso: peut-on définir (et comment?) la position mandibulaire fonctionnellement optimale? Très difficile bien entendu.
Mais, pour répondre à votre question, je crois oui que l’OIM peut-être responsable de DAM. C’est loin d’être prouvé certes, mais tout comme la proposition inverse.
La RC pose toujours le problème redoutable de « l’après ». Nous mettons toute notre énergie à être « conservateurs » ce n’est pas pour s’engager dans les folies de reconstructions totales. Que rien de scientifique ne légitime du point de vue de la dysfonction. Mais cette difficulté, bien réelle, ne doit pas nous empêcher de poser l’hypothèse: l’ORC est-elle plus favorable pour le fonctionnement mandibulaire? (compris dans l’ensemble de l’organisme)
Mon expérience clinique me laisse à penser que le choix de l’ORC (dans le cadre des DAM) n’aboutit qu’exceptionnelement à une indication de reconstruction. L’organisme est vivant (donc adaptable) et ne doit pas être comparé aux modélisations rigides de la prothèse qui répondent à d’autres objectifs. Alors je n’ai aucun scrupule à mettre en doute l’OIM. Et les résultats sont flagrants. Notre effort doit conduire à ce que ces résultats soient EBD. On y travaille?