Madame Pascale C. 31 ans, est adressée par son praticien habituel pour « un SADAM de l’ATM gauche ». La patiente ne présente pas de pathologie générale à l’exception de soucis allergiques. La patiente n’a pas bénéficié de traitement ODF et ses dents de sagesse ont été extraites en 1998 sous AG sans que cela ait entraîné de problème par la suite.  La position de sommeil est dorsale. La patiente est hyperlaxe et se dit sensible au stress . On note une certaine asymétrie faciale mais aucun traumatisme n’est rapporté sur la face, le crâne ou le cou.  L’entretien clinique permet aussi de préciser que le problème est « plus gênant que douloureux », qu’il va et vient avec le niveau de stress  depuis deux ans (apparition après accouchement). Il y a eu un bruit articulaire qui a duré une semaine et qui a disparu depuis une semaine, cette disparition étant liée à une limitation d’ouverture buccale. La palpation des muscles masticateurs et des zones temporo-mandibulaires n’est pas à proprement parler douloureuse. L’ouverture buccale est de 37mm, déviée vers la gauche de 2 mm. La latéralité droite est de 10mm alors que le mouvement vers la gauche est limité à 3mm.

Tout laisse donc à penser qu’on est devant une luxation discale irréductible gauche. Une IRM est-elle nécessaire? Nous ne le pensons pas.

Quelle est l’origine de ce DAM? L’occlusion est-elle en cause?

L’occlusion d’OIM semble correcte (mis à part un défaut de contact au niveau prémolaire droit qui laisse supposer une déglutition atypique), avec des dents en bon état et sans perturbation particulière des alignements.  

Faut-il se satisfaire d’une telle occlusion? Je suis toujours surprise de voir la plupart des confrères et consoeurs ne pas rechercher une relation centrée quand l’OIM est « normale », sans perturbation flagrante. Pour ma part je pense qu’on peut trouver une OIM quasi idéale mais avec une position mandibulaire pathologique. Autrement dit, les dents sont bien rangées mais la mandibule est de travers. Je recherche donc la position mandibulaire de relation centrée, et, comme la mandibule est décontractée dans ce cas, il est facile de trouver par manipulation une position assez proche sans doute de la position de RC. Bingo! Un très gros décalage apparaît mettant en évidence des contacts prématurés au niveau des fameux GAR (il faudra que je fasse un jour un article sur ces soit disant GAR à moins que quelqu’un veuille s’en charger).

Dès lors que cette position mandibulaire est repérée, facile à faire reprendre à la patiente, on peut lui faire décrire plusieurs fois le trajet d’ORC vers l’OIM tout en palpant alternativement les ATMs.

Dans le cas de cette patiente le dérapage entre ORC er OIM aboutit à une contrainte très palpable sur l’ATM gauche. On perçoit sous le doigt le déplacement du condyle vers l’extérieur, et vraisemblablement du disque qui semble luxé latéralement par le serrage des dents en OIM. On peut d’ailleurs très facilement faire prendre conscience de la situation en laissant la patiente palper son ATM pendant le serrage des muscles élévateurs.

Quel traitement peut-on proposer?